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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 15:45

Not to order to such a Swiss man that wanted to address very directly a worm in an apple… on a boy's head ?

Could worm be word ?

En français, ver n'est pas loin de vers...

Peut-on ainsi passer des animaux, même petits, aux éléments de l'expression humaine ?

Allez, en voici la preuve auditive, venue du Cameroun...

https://youtu.be/mpC2Fbg8jqw

Intéressant de voir comment les sons de la nature peuvent inspirer l'expression humaine, non ?

Ici dans la forme élaborée du chant… Parfois dans la forme moins élaborée de l'onomatopée…

Soit celle que chacun, chacune, à l'intérieur de sa langue croit évidente et pourtant… l'aboiement du chien par exemple :

wau wau, auf Deutsch aber das man aussspricht nicht wie wouaou wouaou aus Französisch…

bup bup en lenga catalana…

bau bau dove si cave canem oggi…

… « meong meong » en coréen ?

Au fait, en prenant du langage humain la part animale, serait-on déjà au quart d'une vérité ? Viertel, das ist Tiertell… Surtout si c'est un certain Wilhelm qui envoie le carreau !

Un héros national mais pas du pays ayant choisi comme emblème le coq et…

...où il existe un verbe coqueriquer, très officiellement reconnu par l'Académie française mais qu'on ne trouve plus guère aujourd'hui que dans les concours de dictée, tout comme zinzinuler pour la mésange, margotter pour la caille ou encore gringotter pour le rossignol ou le rouge-queue…

Ne retrouve-t-on pas là d'une autre façon l'influence possible de l'oiseau sur le langage ? Après tout, le dire ainsi est rendre à ces oiseaux un caractère sonore inimitable, non assimilable au terme générique de chant, pas plus que de cri.

Mais revenons au chant humain-oiseau du Cameroun…

Après tout, créer un chant en s'appuyant sur une mélodie préalable de son environnement s'est fait dans d'autres cultures… Claude Nougaro ne l'a-t-il pas fait en appuyant une partie de sa mélodie Ô Toulouse sur la mélodie du carillon de l'église des Minimes, celle de son quartier d'enfance ?

Bon, d'accord, on reste entre éléments de culture humaine et dans ce cas urbaine… Or, les bamilékés savent jouer de cela aussi, s'appuyant sur la mélodie du chant de l'oiseau, pour créer un chant qui parle d'aller… au champ !

Découvrir cette capacité chez une langue discrète par rapport aux médias planétaires devrait rendre modestes les locuteurs des langues à enluminures, non ?

Aussi, ne coqueriquons pas trop mais, si cela nous chante, encoquelicotons notre vie ! (les champs nous disent que c'est déjà la saison des coquelicots…)

Philippe Sahuc Saüc

pour toute réaction, tout contact : helipsahuc@wanadoo.fr

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 17:11

Try to remember when blog was so pès pèsh…

C'était au post du 18 octobre 2015, « Pesh melga »…

Il vous faisait entendre un « pès pès » qui disait « tout doucement » en sango…

Et même si vous n'y allez pas, on vous ramène au sango !https://youtu.be/X4PSfMNPQD8

Without going, you go…

yugo ! comme s'interpellent les hommes en soninké pour se saluer ou se réveiller, façon de faire qui donne la pêche !

Mais au fait, la douceur, ça donne aussi la pêche ?

Tiens quand un chemin de vie part des douceurs de pâtisserie à la pistache pour arriver à d'autres fruits aquitains… aquí té !

https://youtu.be/AqeeR2ZZeGY

Bon, d'accord, la pêche s'est transformée en pruneau, mais la douceur est bien là, double douceur pour celle qui évoque le Maroc de sa petite enfance et la ville d'Agen d'années de jeunesse encore… Douceur de le dire aussi en cet arabe tel qu'il est parlé au Maroc…

… et qui peut vous faire taquiner lorsque vous parlez de duwwār (on écrit aussi douar en français) pour parler du village, alors que d'autres façons de parler arabe au Maghreb emploieront plutôt le terme de wilā'ya, même si ce terme, qui dériverait du turc vilâyet, est censé désigner une unité spatiale plus grande.

Mais revenons à nos pêches !

Ah, coquine de langue française qui avec le même mot désigne une activité de capture en milieu aquatique (ce que fait Carambolingue, si l'on considère la fluidité de l'univers des langues mélangées) et un fruit préalablement évoqué, en tout cas comme symbole de l'état de forme…

Pourtant, toujours en français, l'arbre aux pêches, le pêcher, est proche par l'orthographe du pécher, sans que la pêche n'ait jamais été accusée d'avoir joué le rôle du fruit défendu…

пе́чень… trouve-t-on dans Les carnets du sous-sol de Dostoïevski. On lit « pétchegn » et on doit comprendre foie.

En mettant en résonance les deux langues, la française et la russe, on entend qu'un mot qui ressemble à pécher désigne le foie. Est-ce pour cela, qu'injustement sans doute, on oppose parfois le cœur, lieu des beaux sentiments, et le foie ?

Pourtant, en jouant toujours sur les homophonies, entre fois et foie par exemple…

Entendre « Il était une fois » nous a souvent promis une belle histoire, non ?

Comme celle qui mène de la pistache au pruneau...

… ou de la tâche au prix ! Alors doucement, doucement d'accord, mais tentons et...

pès pès… et bonne pioche ! (qui n'a rien à voir avec le féminin du piòt occitan...)

Philippe Sahuc Saüc

pour toute réaction, tout contact : helipsahuc@wanadoo.fr

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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 19:24

,O'

When you say nothing, I hear something…

L'ensemble vide n'est donc pas acoustiquement vide tant que quelqu'un est là pour le nommer !

Pour un rien, on vous fait tout un post ! Donc ce rien est déjà quelque chose…

En arabe ce serait le « chay » (merci à Aïcha -anagramme de chay ah !- pour l'indication), un quelque chose qui prendrait place en mathématiques (« riadiètun » en transcription phonétique approximative ?), si importantes dans la culture arabe et pour lesquelles l'apport de la culture arabe a été si important…

,O' = x ?

Or, un rien ou des riens ?

Plusieurs riens, si l'on en croit la diversité des façons de le dire au Cameroun…

https://youtu.be/URrZ2SiCqiA

On entend parler là des langues à la fois voisines et cousines, toutes apparentées au bamiléké, toutes parlées au Cameroun. Parlées par quelqu'un qui venait de me parler de « rien » après avoir entendu un remerciement de ma part pour un verre d'eau apporté...

Un rien apparent mais qui parfois, sûr, vaut mieux qu'une grande quantité…

Un tien vaut mieux que deux tu l'auras, dit ainsi la langue française…

Un perdigal sus un crostet val mai qu'un perdigal que vòla, dit la langue occitane…

D'un côté on suppose que le « tien » n'est pas tout à fait rien, sans être grand-chose, de l'autre on le précise : c'est la sardine sur le quignon de pain qu'on tient déjà en main et qui vaudrait donc mieux que le perdreau qui s'envole…

Langues voisines mais un rien différentes à certains moments, pour dire certaines choses…

et aussi la négation de la chose…

« Nothing » says straightly English…

« Rien » qui n'est pas « pas chose » du côté français…

Mès « pas rès » se dit la lenga occitana…

Et ce serait pareil en Afrique puisque... « dara » dit le wolof avec un mot bien à part…

« man feη » dit le mandinkan, soit littéralement « pas quelque chose »…

Alors un petit défilé de riens d'Europe ?

Nic en tchèque, qu'un français pourrait prendre pour une taquinerie et une occitane pour un niuc (un nid) auquel il manque juste un peu d'assise…

semmi (« shêmi ») en hongrois, que bien des langues liraient comme une moitié (une moitié de rien, est-ce encore plus rien?) et entendraient comme la science des toutes petites particules...

ոչինչ։ en arménien… écriture troublante ou le rien se déploie et trouve même à l'intérieur de lui un écho de forme avec ce zig-zag s'étalant élégamment vers le bas…

Ame n'est rien ? Que ce rien parle donc encore à vos âmes !,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,O'''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''

Philippe Sahuc Saüc

pour toute réaction, tout contact : helipsahuc@wanadoo.fr

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 19:17

Do not we need company not to disappear ?

Au moins un comparse, pour ne pas faire comme l'étoile de Jules Supervielle qui cesse d'exister si nul ne pense à elle…

Etrange disparition dans le mot italien pour dire disparition, scomparsa, de tous ces éléments qui rendent les autres langues latines solidaires dans la disparition, en tout cas la façon de la nommer :

desaparición, desaparecimento, despareissença, dispariţie…

Or, il est des disparitions plus angoissantes, telle :

https://youtu.be/GgDO8YLm24s

Quelques éclats de voix, d'abord… reconnaît-on la langue japonaise ? Puis des éclats d'un combiné téléphonique, un modèle du début des années soixante, puisqu'il s'agit d'une bribe du film d'Akira Kurosawa, « Entre le ciel et l'enfer », datant de 1963.

« Moshi moshi » entend-on, la classique formule japonaise d'entrée en conversation téléphonique.

A une disparition phonique près, un-e francophone entendrait « moche moche », ce qui traduirait bien le sentiment qu'apparemment Kurosawa a voulu susciter en évoquant la disparition d'un enfant...

Ensuite une conversation se noue autour de cette question, symbolisée sur la vidéo par un kanji qui voudrait précisément dire : éteindre, s'éteindre, disparaître (Claude Martin, Les Kanji, FransOrienT)… On remarquera que grâce à la disparition de certains éléments du kanji « disparaître », on peut donc faire apparaître les éclats de voix et même les éclats d'un combiné téléphonique du début des années soixante…

Mais au fait, disparition ou enlèvement ?

Fonte de lettre ou lipogramme, comme dans le roman de Georges Pérec intitulé précisément la Disparition, où on ne peut nulle part lire la lettre e, sans pour autant qu'aucun mot n'y soit tronqué.

On ne peut donc y lire « nlvmnt », qui serait bel et bien le résultat de la pure fonte de la lettre e… Il est sûr que cette disparition coûterait à l'enlèvement tout son sens !

A propos de ce qui coûte… Nous avons pris l'habitude d'étalonner les prix les plus élevés à des parties censées être parmi les plus précieuses de notre corps. Ne dit-on pas « ça m'a coûté un bras, un œil, voire la peau des fesses... » ?

Eh bien, si l'on en croit le Dictionnaire des façons de parler du XVIème siècle (Pierre Enckell, CNRS éditions, 2000), l'expression équivalente était plutôt « ça m'a coûté la rançon d'un roi ». Comme quoi, à l'époque, certaines formes d'enlèvements vénaux (alors qu'on aurait tendance à considérer la pratique comme très moderne) étaient marquantes au point d'en façonner le langage. C'est d'autant plus remarquable que l'examen de l'ensemble des expressions de ce XVIème siècle révèle beaucoup plus de référence directe au corps que nos expressions actuelles...

Nos corps comporteraient-ils selon nous désormais trop de lourdeurs ? Allez, quelques cessions qui pourraient donc nous rapporter et nous permettre, pourquoi pas, de retrouver légèreté de danse qui pourrait alors s'appeler...

Scomparsita ?

Philippe Sahuc Saüc

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1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 19:17

Go for go or go for one ?

Go est en effet le un de la langue pulaar. Pour compter en pulaar, on commence par « go », sachant par ailleurs que dans les cultures d'Afrique de l'ouest, le lièvre qui ne part pas à point est pourtant l'animal le plus avisé…

Encore à propos de go, sans jouer, dans la vidéo suivante, à moment donné on entend compter en pulaar : go, didi, tati, nahi diohi…

Auparavant il est compté en parallèle en soninké : hillo, siko, nakhato, karago, etc.

et en mandinkan : fula, saba, nani, lulu, etc.

Dans les deux cas, on commence mystérieusement à deux…

https://youtu.be/s9Ul3hB1NHU

Ce qui peut également paraître mystérieux sur la vidéo est l'accumulation des signes qui essaie de suivre tant bien que mal le dénombrement…

Il s'agit de consonnes de l'écriture nko qui peut servir, depuis 1959 et son invention par Solomana Kanté, à transcrire les langues d'Afrique de l'ouest. Sur la vidéo apparaissent successivement le « η », le « h » et le « p » (mais auquel il manque une barre supérieure qui le ferait ressembler à un F de l'alphabet latin), le « n » et même le « b », image en miroir du « p » et auquel il manque la même barre en miroir…

Pourquoi s'intéresser particulièrement aux consonnes ?

Ceci est-il destiné à être lu d'un homme Consoranorum ?

A vrai dire, Lugdunum Consoranorum, possible antique capitale du peuple du Couserans, est un peu à l'auteur de ce post ce que fut Trieste à James Joyce, un lieu de présence active et sans doute d'inspiration…

Mais alors que les Consorani n'avaient vraisemblablement rien de particulier à voir avec les consonnes, Trieste s'écrit Trst en slovène, ville donc au nom uniquement peuplé de consonnes…

Comptons sur Joyce pour nous en dire quelque chose…

En tout cas comptons sur la lecture du premier chapitre de Finnegans wake…

Plus précisément, avant de procéder dans un prochain post à la confrontation, comptons sur notre lecture d'une traduction française de Finnegans Wake qui fait notamment apparaître :

. le plus intéressant pour nous, la page où Joyce met F en miroir, un peu comme dans l'écriture nko mais en le couchant...

. la pftjschute de Finnegan… On peut y observer la succession de 7 consonnes, Trst est battue au nombre mais conserve le privilège de l'absence totale de voyelle ;

. les hymniques Houyhnhnms… Là, on est à six, profitant d'un s de pluriel encore…

Et dire que dans certaines langues africaines, on aime tant l'alternance précise d'une consonne/une voyelle… On aime !

Et vous, vous comptiez ? Eh bien go maintenant...

Philippe Sahuc Saüc

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 13:55

Old Abroad Transportation ?

O.A.T... faut-il avoir un grain pour voyager rien qu'avec ça ?

Tout part d'un besoin de peau qui vous conduit au lait d'avoine…

De nos jours, achetez un simple savon au lait d'avoine et vous pouvez vous retrouver avec une notice qui mêle le grec moderne et l'arabe…

βρώμη…

شوفان ...

Les champs ne sont sans doute pas les mêmes et pourtant on y trouve ce signe commun ش / ώ, l'un surmonté de petits grains, l'autre d'une barbe qui s'envole au vent.

Dans l'avoine, quelque chose est parti, est-ce pour cela que le nom français commence par l'apparence d'un préfixe privatif ? Serait sans « voine », cette céréale ? Attention, à peu de chose et un anagramme près, elle serait sans envie…

D'où l'avoinée ? Il semble bien que le terme vienne de la plante, sans autre explication…

Pourtant, elle pourrait être synonyme de paix, cette plante dont le nom fait voisiner basque (olo) et bachkir (һоло)...

Il est vrai qu'elle est civada en occitan tandis que la cebada est l'orge chez les voisins castillans...

Et en russe ? Ah, en russe…

https://youtu.be/ObHLcu7hSPQ

Eh oui, en russe, овёс, qu'on prononce « avios » fait penser à l'oiseau, mais dit en autre langue. La plante est haute, ses grains sont aériens, ne serait-elle pas par excellence le festin des oiseaux ?

What a transportation !

Cor aviat… C'est la façon dont l'occitan peut dire « court vite »… comme un oiseau ? Là encore, à condition de glisser vers d'autres langues, la latine peut-être et son aves car l'occitan dit aucel pour l'oiseau…

Glisser d'une langue à l'autre ? Eh oui, c'est plutôt celle du cheval qui goûte habituellement l'avoine, en Russie et en Moldavie aussi.

Ah oui, au fait… Quand j'étais petit, un souvenir du gouffre de l'Aven Armand, une trompe en corne décorée, avait vu quelques lettres s'effacer. On n'y lisait plus que « Aven A », comme l'avoine des Latins et encore aujourd'hui des Espagnols et des Italiens…

Avec du souffle, la corne faisait voyager loin !…

Avec détermination, on peut faire d'un grain un tremplin…

Loquaturi : AVE NA !

Philippe Sahuc Saüc

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 18:56

neck… plus ultra ?

« vécu corporel dans la pratique d'une langue »…

tel est le titre d'un numéro de la revue Langages, numéro 192, de décembre 2013.

C'est comme si le corps n'était pas qu'une gangue de la langue !

C'est bien ce qu'on lit au long de l'ouvrage d'Anne Décamps, Effets de voix (Champ social éditions, 2008)…

Rassurons-nous donc, la fatalité biblique ne s'applique pas : si le grain ne meurt… parlons vif !

Le corps n'est pas que l'écorce à laisser pourrir, même si, dans certaines langues, le grain et le corps se disent par des mots qui se ressemblent…

Baluo… Balo… (mandinkan)

Les métaphores ont donc leurs limites…

A propos, en ricochet aux métaphores d'Afrique de l'ouest postées il y a trois semaines, voici des exemples de métaphore en arabe tel qu'on le parle en Tunisie…

https://youtu.be/4WJLKvztE1c

L'animation graphique s'essaie à faire se rencontrer des lettres latines et des lettres arabes, suggérant que la rencontre, par transformations successives de forme, peut se faire dans les deux sens… une métaphore interculturelle ?

Pourtant, graphie latine et graphie arabe ne marquent pas les mêmes choses…

Dans un article de ce numéro 192 de la revue Langages, Amina Bensalah évoque la différence entre les deux systèmes vocaliques…

En arabe, les voyelles seraient considérées comme des mouvements, des mouvements du corps, tout au moins des parties du visage mobiles lors de l'articulation…

Ainsi, le [a] est dit « fetha » en référence à l'ouverture de la bouche.

Le [u] est dit « damma » en référence à la jointure et au rapprochement des lèvres.

Le [i] est dit « kasra » en référence à l'étirement des lèvres vers l'arrière.

Une autre indication donnée par Amina Bensalah est que certains sons sont marqués dans la graphie arabe alors qu'en français par exemple, ils sont produits mais sans graphie particulière.

C'est le cas du fameux coup de glotte, correspondant au signe arabe du hemza. En français, aucun signe d'écriture ne l'indique alors qu'on l'entend quand on dit « onze », « horreur ! », « halte ! »…

L'arabe marque aussi par des signes particuliers l'allongement vocalique… Mais lorsqu'on dit en français « douze », « crainte », on allonge sans que rien de particulier n'en soit écrit…

Il y aurait aussi des sons emphatiques mais clandestins dans l'écriture : au début de « saumon », « savon », « délit »… Rien à voir entre l'attaque d'un « délit » et celle d'une « daube »…

Obvious ?

Dans tous les cas, Carambolingue vous donne l'absolution : faites des folies de votre langue !

Philippe Sahuc Saüc

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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 22:01

Wishing farewell ? Thanking for something ?

En anglais un seul verbe, to leave, traduit à lui tout seul les verbes français partir, quitter, laisser...

Cela donne-t-il pour autant le mode d'emploi ?

https://youtu.be/hRXqJTpQw7E

C'est la façon dont l'élève, encore maladroit, essaie de réemployer quelques expressions acquises au rythme d'une par repas de cantine pour dire au revoir à la pourvoyeuse de langue chinoise qui va partir...

Il est d'abord question de voyage... Kennen Sie Rai tseu ? Disciple de Lao-tseu ?

Ensuite de tristesse... Sang she ? Sorry... did she sing ?

Et puis on se reprend, et on annonce un ultime sourire... Oui sha, presque oui da, accord absolu...

On souhaite à tout hasard bon courage... Comme entre « courage » et « voyage » écho : « yo-yo »

Et puis merci et puis adieu... Xièxiè qu'on entend « shèshé ».. saluer chez l'un, chez l'autre ?

Mais alors, vraiment aux dieux, a dieu ?

Y a-t-il présence d'une divinité dans « zài jiàn » (再见。), l'habituelle formule de départ ?

A vrai dire, on est là plutôt dans un salut à double sens, en tout cas suggérant peu le fait de quitter... Pour cela, il faudrait plutôt : «yǒng bié le» (永别了)...

To part forever, comme on peut lire sur les sites de traduction qui ne savent pas qu'en anglais, tout se dit plus simplement to leave...

Mais revenons à la traque de dieu dans la salutation du départ à tout jamais...

Le problème est que pour les catholiques chinois, dieu est 天主...

… tandis que pour les protestants, il serait 上帝...

Rien de commun et donc rien qui puisse donner un fragment commun à retrouver dans 永别了...!

Si on se quittait en Afrique, on songerait surtout à envoyer le salut à celles et ceux qui seront retrouvés là-bas...

I si kontoŋ...

nuyu ma wa...

Lisson ? (reine des Pyrénées saluée à l'africaine)

Lissons la vie, que le chemin s'esquisse et que la brûlure de la séparation soit ainsi trompée.

Adiaghutyun ? Impossible à retrouver dans les lexiques officiels de la langue arménienne...

Pourtant, facile à retenir, cette formule arménienne qui commence comme « adieu » et puis...

M'en être rappelé à temps cette semaine m'a valu un beau sourire d'une dame arménienne vivant depuis longtemps en France, arrivée toute petite et complexée désormais de parler l'arménien parce que se sachant le parler « avec accent »...

Adieu, adiu... Qui se dit parfois en occitan, paradoxalement, au moment où on rencontre quelqu'un... Pour déjà escamoter la difficulté à se quitter ?... Après tout, on l'a déjà dit, cela n'a rien d'extraordinaire...

Pourrait ressembler à la façon de faire des grands départs en Afrique de l'ouest... On ne se serre pas la main droite, l'habituelle main du salut mais la gauche, celle qui d'ordinaire sert aux besognes sales... Pas un vrai salut donc, comme si on ne croyait pas que ce soit un vrai départ...

Tiens, hier dans le métro...

« _ No ɓaɗ-ɗaa ? celli ? »

Salutations en pulaar donc avec Mobbo, fréquent contributeur de ce blog. Dans la hâte à se saluer, nous nous sommes serré la main gauche. Sans intention particulière mais montrant bien que la hâte des villes crée des erreurs de gestes... ou bien des rituels de conjuration ?

Partir c'est mourir un peu ? Heureusement, tant que langue est là, ça-leave pas pour de bon !

Et puis, à lire « leaveleaveleave », ne finit-on pas par lire : élevé ?

Philippe Sahuc Saüc

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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 16:09

Will a broad casting test be the same as a slender casting test ?

https://youtu.be/tYq_b-kXAO8

Selon la proximité de certaines voyelles, les consonnes de la langue gaélique d'Irlande se prononcent de façon étroite (slender in English) ou étendue (broad in English)...

Comme on peut l'entendre sur la vidéo, pour quelqu'un qui découvre, la particularité d'une voyelle étroite (slender en anglais, caol en gaélique) n'est pas évidente à reproduire avec sa bouche...

Pourquoi la double indication d'étroitesse et de rétro-contact entre la langue et le haut du palais ne ferait-elle pas venir l'image de l'entrée -étroite- d'un château-fort, avec un pont-levis -capable donc de rétro-contact avec le palais-château ?... (de plus le mot qui sert à la démonstration, coinneáil, veut dire donjon...)

Or, cela ne veut pas dire pour autant que l'image d'un paysage élargi à de vertes collines -correspondant donc bien pourtant à l'Irlande- corresponde au paysage sonore d'une consonne étendue (broad en anglais, leathan en gaélique)...

On est alors trompé par la perception du sec (le château) et du mouillé (les collines de la verte Eirin)...

Car la différence qui existe entre les consonnes irlandaises ressemble à celle qui existe entre les consonnes russes, à partir d'une autre distinction qui est justement sec/dur contre mouillé/mou...

Mais justement c'est la façon de prononcer les consonnes mouillées russes qui ressemble à la façon de prononcer les consonnes étroites irlandaises...

Et la façon de prononcer les consonnes sèches russes qui correspond à la façon de prononcer les consonnes étendues irlandaises...

On dirait un peu un cours de guitare sommaire où les consonnes auraient remplacé les cordes. Allez, il faudra bien que ça me passe mais en attendant je clame caol (donc mouillé, donc étroit... peut-être bien cuivré...) !

Quand même il est à noter que le russe prévient plus clairement que le gaélique. En russe, la voyelle qui détermine si une consonne est dure ou molle (mouillée) est toujours celle qui la suit immédiatement, sinon on ajoute à une consonne finale un signe dur ou un signe mou, ъ ou ь...

En gaélique, c'est tout le voisinage qui compte, celui d'avant la consonne et celui d'après... Un vrai voisinage à plaisanterie qui peut faire blaguer leathan !

James Joyce, y songeait-il en écrivant la page 22 de Finnegans wake : « … in the broadest way immarginable » ?

Le plus étendu dans le chemin de la langue est-il donc à imaginer ou à chercher en marge ?

Et quand il écrit par ailleurs : « what cashels aired and ventilated ! », est-ce juste pour nous embrouiller en mélangeant le sec à ce château dont l'entrée est pourtant étroite ? Ou plutôt, pour créer un rapprochement crypté entre la langue anglaise qui a été la matrice mais non la langue exclusive de ce qu'il a écrit (loin s'en faut, constate-t-on en explorant Finnegans wake !...) et cette langue irlandaise qu'il aurait peut-être voulu parler davantage...

Rien que ce mot de « cashel », tout en gardant la plupart des lettres du mot anglais castle, qu'on reconnaît donc, y introduit une sonorité étroite (slender/caol), celle que le mot gaélique équivalent, caisleán, comporte par le voisinage du i et fait que le s central s'y prononce /sh/...

Faut-il donc à ce point distinguer l'étroit de l'étendu ?

Après tout, en langue japonaise, on ne procède pas de la même façon quand on compte des objets ronds et quand on compte des objets longs...

Les langues nous font faire tant de choses !

Sans retenue, clamons blaguons !

Philippe Sahuc Saüc

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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 18:23

As you shout « mark » when you want to be considered as a ball carrier, to do for talk carrier ?

Le propos d'un diseur, d'une diseuse se fait parfois accompagner de marqueurs et rien qu'avec cela, on peut faire tout un numéro spécial de la revue Langue française, le numéro 186, juin 2015...

Il convient d'abord de reconnaître qu'en français, le verbe dire est le plus employé après être, avoir, faire (dictionnaire des fréquences du CNRS)...

On peut se demander ce qu'il en est dans d'autres langues, mais ce n'est facile de trouver...

En Portugais, le même genre de comptage donne : 1.ser (être) 2.ter (avoir) 3.estar (autre forme d'être) 4.dizer (qui dans cette langue est donc plus fréquent que l'équivalent du verbe faire).

En tout cas, dire semble se dire d'une façon ou d'une autre en toute langue...

jusqu'à nko qui est, en mandinkan, à la fois « je dis » et le nom d'une forme d'écriture inventée dans les années cinquante par Solomana Kante...

C'est bien vrai qu'on l'ajoute souvent à ce qu'on dit, le verbe dire, à l'impératif, sans fondamentalement changer le sens de la phrase...

_ Dis, tu n'as pas vu la clé de ma montre ? (renforce la demande de réponse ?)

_ Disons qu'il y a désormais un petit problème quand je veux remonter ma montre... (accentue une forme d'embarras ?)

_ Elle te plaît, dis, dis ? (presse la quête d'approbation de l'autre ?)

Dans des formules plus complexes, à partir toujours du verbe dire, se forment des marqueurs pour adoucir les métaphores qui pourraient être jugées trop hardies ?

Au fait, toutes les langues ont-elles le même usage des métaphores ?...

https://youtu.be/oiVr8qizMgY

En langue pulaar telle qu'elle est parlée au Mali, mais plus largement dans les langues parlées au Mali et en Afrique de l'ouest, les métaphores pour traduire les particularités humaines usent de comparaisons ethniques, sur un mode de voisinage à plaisanterie qui ne choque pas les "locaux"...

Il n'y a donc pas besoin d'adoucisseur verbal, dans ce cas, l'usage étant établi. Pourtant on peut se demander si, dans certaines formes d'adressage à l'autre sur le mode du voisinage à plaisanterie en Afrique de l'ouest, le sourire associé à l'apparente invective n'est pas un adoucisseur en soi...

Or, dès l'Antiquité, Cicéron préconisait (p.14 de Langue française n°186) d'adoucir (mollienda) une métaphore trop hardie par des expressions telles que « pour ainsi dire », « s'il est permis de dire », « en quelque sorte », « passez-moi le terme »...

L'expression particulière « s'il faut dire ainsi » serait apparue fin XVème mais serait tombée au XVIIème siècle car elle paraissait déprécier l'interlocuteur, incapable de comprendre mieux (p.22)...

Je pense alors au rhétorique « i man lala ? » (« tu ne crois pas ? ») de la conversation en mandinkan auquel il est très impoli de répondre par la négative, ce qui pourrait se faire en français...

« si je puis dire » (p.26) a aussi une apparition datée, fin XVIIIème siècle. Je me souviens surtout qu'il a surgi venant d'ailleurs dans mon milieu régional et social d'enfance (sud-ouest, années soixante, classe devenant moyenne) où on le moquait systématiquement en « si ch'puis dire »...

Les marqueurs ont aussi leurs scores de fréquence dans la presse : une étude de 2013 (p.28) faite dans l'Equipe, Libération, Le Figaro montre que « en quelque sorte » l'emporte nettement pour tous.

Il est vrai que « dire » ne s'inscrit pas dans ce marqueur-là... Or, ce qui est intéressant est quand dire s'associe à d'autres personnes que le locuteur et entre dans un jeu de polyphonie (pp70-71)...

On trouve des équivalents dans des langues européennes : dimmi pour l'italien, dime mais plutôt oye

pour l'espagnol (où c'est donc l'écoute qui est sollicitée, comme dans nombre de langues africaines, telle la langue mandinkan où l'expression i tulo laa, qui peut se traduire par écoute, laisse paraître le mot oreille et fait de se dire qu'il faut l'appliquer là...

Una storia di orrechio, ciò ti piace, dimmi ?

Philippe Sahuc Saüc

pour toute réaction, tout contact : helipsahuc@wanadoo.fr

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