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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 14:31

How to glider, on a very high rock ?... Rolling slightly ?

Qu'est-ce que la création ne ferait pas pour être remarquée !

Y a mai de perlas del pont al ostal de perlas que de perlas al pont...

...pour paraphraser une façon de dire toulousaine à propos de pierres, de pont et d'hôtel de pierre ! (Jules Chalande, Histoire des rues de Toulouse, 1919)

Or, on peut penser que la création, susceptible de créer des ponts ou tout au moins des passerelles entre les individus, accumule bien souvent ses perles en édifices clinquants et qui ne servent... qu'à celles et ceux qui les habiitent ?

Serait-ce cela, le baroque, dans sa dimension criticable en tout cas ? Eh bien, Carambolingue est prête à se soumettre à cette critique-là, revendiquant toutefois la licence de fouiner un peu, auparavant, pour savoir de quelle langue viendrait le mot baroque...

Le Dictionnaire mondial des images, édité en 2006 aux éditions Nouveau monde sous la direction de Laurent Gervereau, propose trois pistes :

. la première serait baroco en tant que mot artificiellement forgé par les philosophes scolastiques. Le baroque viendrait donc d'une langue purement imaginaire, pour désigner une forme de syllogisme de base, du genre : les vrais amis disent la vérité à leurs amis ; X et Y ne se disent pas la vérité ; donc X et Y ne sont pas de vrais amis. On se souvient peut-être du goût de Carambolingue pour un intraduisible de la langue wolof, laaxaan, où il était question des démarches de la famille X auprès de la famille Y, après qu'une fille de la famille Y ait été engrossée par un fils de la famille X... Mais, justement la démarche consiste là à dire la vérité... Dëgg le !

. la deuxième serait barroco en tant que mot portugais désignant soit une perle irrégulière soit un rocher escarpé, en ce deuxième sens il rejoindrait le mot castillan barrueco. Lecteurs et lectrices attentifs, vous avez sûrement constaté que Carambolingue avait déjà allègrement associé les deux... Vous n'avez pas tout de suite crié au mauvais goût... Obrigado !

. la troisième serait barocco en tant que mot toscan plus souvent trouvé sous les formes baroccolo ou barrochio, désignant un "contrat usuraire consistant à vendre à crédit une marchandise à prix élevé à celui qui avait besoin d'argent pour la raccheter ensuite à bas prix". Comme cela sent l'entourloupe et qu'il s'agit quand même de contrat, Carambolingue a préféré mettre les guillemets... Non si paga !

Après tout cela, vous serez à bon droit de penser que Carambolingue est baroque en cela qu'elle pratique parfois l'entourloupe sur les langues, qu'elle pratique plus la patalogique que la logique qu'on attend ordinairement mais espérant tout de même que dans tout ça, quelque chose brille quand même vers le haut et qu'il soit donc permis de conclure :

Ba(r)ro(c)colingue, sursum cord... e à l... 'ange !

Philippe Sahuc Saüc

pour toute réaction, tout contact : helipsahuc@wanadoo.fr

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 19:48

Could it be a crossroad without any traffic light ?

No trafic light but a real light traffic through the brain…

Et toujours la carlingue où Carambolingue propose d'embarquer en bi-réacteur, réacteur comme si on prononçait un mot dans une langue, plus deuxième réacteur simultané : comment si on entendait le même mot dans une autre langue...

https://youtu.be/F8viwFDBPP0

La langue bassa est parlée au Cameroun, plutôt au sud si l'on insiste vraiment pour tracer une ligne médiane divisant le pays entre plus au nord et plus au sud...

Da soso… C'est ce qu'on entend à la fin, c'est le remerciement en langue bassa, ce mot alors inattendu par Pierre, contributeur de la semaine, auquel il ne peut répliquer qu'en répétant et qui le fait rire puisque, jusque là, on ne lui a adressé de parole qu'en français…

Or, depuis le début un néophyte dans l'écoute de la langue bassa a cru entendre :

Ibil… e-bill… facture virtuelle ? Prix d'une ouverture en notre monde et à notre époque de la généralisation des droits d'entrée ?

Yip… presque yep… autrement dit « plein » en certaines langues d'une Afrique de l'ouest et plus du nord que le Cameroun...

ekuxa… un temps de silence invite même à écrire : e kuxa…Venue d'on ne sait où, la tentation d'un son mouillé fait obtenir : e кухня… En optant pour un mélange de préposition latine et de substantif russe, on a quelque chose qui vient de la cuisine… Forcément mouillé, comme une bonne sauce ?

Nian… Pour un peu, serait un tian provençal trouvant bien sa place dans la cuisine…

Mais revenons à la décomposition possible de dasoso des écoutes interlopes...

da peut être la bouche (en mandinkan)

da peut être la porte (aussi en mandinkan, où l'ouverture d'une maison est assimilée à une bouche et celle d'un visage, donc, à une porte...)

da peut être oui (au pays de кухня, autrement dit en russe)

soso peut être haricot (de nouveau en mandinkan)

so so peut être hésitation (well… in English, isn't it?)

ferme peut se dire cara...

… quand il s'agit de la bouche, en occitan

non s'entend « laa » quand il est dit en langue arabe

… et s'il est vite corrigé en hongrois, devient l'igen

et maintenant on combine pour fabriquer… cara-l'igen

Vous embarquerez-vous dans cette carlingue dont n (haine?) n'est qu'à la traîne ?

Philippe Sahuc Saüc

pour toute réaction, tout contact : helipsahuc@wanadoo.fr

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 20:14

Raining cats and dogs on your head ?

Mais cela ne veut pas dire que vos yeux virent à « pique-taureau »…

« Raindrops keep falling on my head

But that doesn't mean my eyes

Will soon be turning red »

(B.J. Thomas)

« A cappriccio » est une expression musicale italienne équivalente à « en liberté »...

Aussi, en toute liberté, cherchant dans d'autres langues et pensant aux expressions françaises « à vache qui pisse », « à tombeau ouvert », « à bride abattue »…

A scatola chiusa, mystérieuse expression italienne, trouvée dans « Kant et l'ornithorynque » (Umberto Eco, 1997, traduit pour Grasset en 1999)... à boite fermée ? Comprare a scatola chiusa serait alors équivalent à l'expression « acheter chat en poche »… désuète ?… Pour une certaine génération, aurait pu être « acheter gadget en Pif » ou « acheter cadeau en Bonux »...

Auf Teufel komm raus, littéralement à en faire sortir le diable, serait équivalent à « à tombeau ouvert »…

At the drop of a hat, littéralement à la chute d'un chapeau, serait équivalent à « sans aucune hésitation » alors qu'il est toujours apparemment question de rapidité…

Pan comido, littéralement à pain mangé, serait équivalent à « les doigts dans le nez »…

Cascare a fagiolo, littéralement tomber à haricot, serait équivalent à « tomber à pic »…

в полном разгаре, littéralement à plein souffle serait équivalent à « battre son plein »

Гуськом, littéralement comme l'oie (avec la forme de déclinaison qui le fait en un mot), littéralement « en file indienne »...

Mais une expression qui paraît telle ne fonctionne pas comme ça… Il s'agit de « à brebis tondue Dieu mesure le vent ». Quand on est habitué à voir marquer la manière par « à... », on peut croire que Dieu a réellement inventé une méthode anémométrique… Pourtant il s'agit d'une pure attribution… Ah, il aurait fallu se souvenir de l'expression pourtant entendue à s'en rebattre les oreilles : « à coeur vaillant, rien d'impossible » !

Et manger à ventre plein-plein ? L'expression est nécessaire à connaître quand on est accueilli pour le moindre repas en Afrique de l'ouest, en mandinkan, en wolof, en soninke ou en pulaar...

https://youtu.be/cOvCd-Rw7PI

Ainsi est-on accueilli à humanité attentive… Ou encore à humanité attentive viendrait la question post-prandiale du ventre rempli...

Pourquoi cela vous ferait-il rire à gorge déployée ?

Carambolingue vous propose plutôt de vous exprimer à langues croisées… La lingua improvvisata va cascare à fagiolo, stessa a bocca chiusa… a capriccio !

Philippe Sahuc Saüc

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 19:25

One for you and one for me…

Recette du don-échange-don ? Or, just tea recipe ?

Voici ce que cela peut donner dans la matière particulière des échanges linguistiques (around tea time) :

https://youtu.be/RoMb4wFvunU

Un échange d'expressions revient-il à un échange de lettres ?

Pendant longtemps, les lettres, au sens de la littérature, étaient censées se détacher des expressions courantes…

Aujourd'hui, les langues qui se parlent sont entrées en littérature.

Plus difficile à faire, faire entrer toutes les langues dans la littérature, le défi lancé par Edouard Glissant et qu'aimerait bien relever Carambolingue…

Relevé pour le moment à l'échelle du timbre-poste par rapport à la surface de l'enveloppe ?

Nous ramène donc au…

pošták ?

Postino ?

Cartero ?

Postier ? Plutôt facteur ?…

Mailman ? Or briefcarryer ?…

Briefträger !

Tel Vaclav, le contributeur tchèque de la vidéo, qui s'est prêté à cet échange à l'impromptu dans un bureau de poste de Prague, pas très loin de l'heure de fin d'après-midi, l'heure de fermeture…

Mais au fait échange…exchange ? Cambio ? Scambio ? Austausch ? výměna ?

Autrefois, en France, pour procéder aux transports et on échanges, on distinguait la poste aux lettres et la poste aux chevaux. L'une organisait le transport de missives censées restées secrètes, enfermées dans des plis, à l'époque cachetés. L'autre organisait des relais de chevaux, ces animaux qui n'avaient rien de secret sur tel continent mais dont, sur tel autre, l'ensemble qu'ils constituaient avec leurs cavaliers avaient été un si grand mystère que les Aztèques avaient forgé pour lui un concept, le maçatl (Umberto Eco, Kant et l'ornithorynque, 1997, traduit pour Grasset et 1999)…

Alors, deux individus qui se parleraient en utilisant des langues différentes tout en comprenant quelque chose l'un-e de l'autre (comprend-on jamais tout, même quand on parle la même langue?) manifesteraient-ils quelque chose de si étrange que l'ensemble constitué mériterait la forge d'un terme concept ?

Pourquoi pas cambiolingue ? Nous restera alors du ram pour y penser...

Philippe Sahuc Saüc

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 19:27

When I say hello, you say good night and… ?

Evidemment on pourrait faire plus court, en prenant l'une des langues où le mot nuit est le plus court, la langue tchèque, où cela s'écrit :

noc… et se prononce : « notss »…

Est-ce à dire, s'il y a là un rapport de forme entre signifiant et signifié, que les Tchèques ont les nuits les plus courtes ?…

… et que, pressés peut-être par une vie très active, ils en viendront bientôt à abréger leur habituel

dobrou noc

en : noc ok !

Pendant quelque temps, comme cela se produit en cas de nouveauté verbale, la personne qui souhaitera ainsi cherchera peut-être à s'assurer de la bonne compréhension de son interlocuteur ou interlocutrice par l'équivalent de la formule récurrente de certains hispanisants, formule tantôt inquiète, tantôt inquiétante car elle peut presser à répondre même quand il n'y a pas lieu :

…, no ?

En langue tchèque, plutôt :

…, ne ?

Or, que souhaite-t-on vraiment dans les formules convenues du « bonne nuit » ?

Une attention aux jeux d'homophonie révèle une grande richesse de sens obscurs (normal si c'est la nuit?) possibles…

Homophonie (et même homographie) interne au français et particulière opérante en milieu bourgeois : souhaite-t-on qu'une servante puisse être agente (à gente?) de nuisance ?

Homophonie interne à la langue italienne qui souhaite buona notte

No te ? Souhaite-t-on une bonne période d'exclusion du soi ?… Correspondrait bien, dans le fond, à certains bienfaits du sommeil…

Homophonie interne à la langue espagnole qui souhaite buena noche

No Che ? S'agirait-il donc d'une prescription politique ?… L'expression serait-il alors immédiatement suscitée par l'espoir possible du Grand soir ?

Homophonie entre langue anglaise et langue mandinkan…

Good night

Pour le deuxième mot, une fois le premier compris tel quel (mettons donc en Sierra Leone où se parle un créole entre anglais et mandinkan) :

Na, ite… Désigne alors sa mère, lui disant « toi »… Retour passager aux invocations de l'enfance ?

Puisque nous en sommes arrivés à la nuit riche de l'Afrique, riche de sens et d'émotions, écoutons :

https://youtu.be/1xuOxPidKRo

et… bon n'ouï sans le grattement d'oreille de l'une ou l'autre des langues du Tout-monde !

Philippe Sahuc Saüc

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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 17:09

Could it be heard in a wonderful world :

https://youtu.be/rV9xwFauYco ?

Autant de façons de dire « c'est bon » en différentes langues ! Il s'agit donc d'une tresse de « jugements perceptifs » selon la terminologie employée par Umberto Eco dans Kant et l'ornithorynque (1997, traduit en français par Julien Gayrard et publié ainsi chez Grasset en 1999).

« C'est bon » dans toutes ces langues s'expose-t-il au même doute que d'autres formes de jugements perceptifs évoqués par Umberto Eco, tel :

la pierre est dure ?...

… qui a peut-être été en préalable, dans la version italienne :

la pietra è dura.

Traèdura… traduire aussi est dur, bien sûr !

Mais, sans parler de cela, il convient de remarquer que l'affirmation « la pierre est dure » s'expose à un déni de jugement, au contre-jugement selon lequel la pierre ne serait pas si dure que ça (elle ne se laisse pas rayer par le métal mais elle ne parvient pas à rayer le verre, par exemple).

A y regarder de près, « c'est bon » existe en français de deux façons, les deux semblant être des formes de jugement perceptif…

un premier « c'est bon » correspondrait au russe « вкусно ! », un « c'est bon ! » qui ne prendrait que le sens de « c'est savoureux ! ».

Il est bien connu que les goûts et les couleurs, cela ne se conteste pas...

Or, le français « c'est bon » peut aussi avoir le sens de « ça marche » et là…

D'où l'intérêt parfois de préciser « c'est bon comment... »

Le catalan dit donc : a llep als dits… à s'en lécher les doigts !

Et dans d'autres langues, comment se mesure le bon/savoureux ? et, selon une perfidie toute carambolingienne, peut-on débusquer des possibles glissements de sens de langue à langue… Pour que la langue continue de servir bien sûr à se lécher les doigts !

Or, il y a bel et bien de l'embrouille car beaucoup de langues ont tendance à utiliser le pain en comparaison…

Buono come il pane… Bun ca pâinea caldă… (comme le pain chaud, pour la langue roumaine)

… mais ce n'est pas tant en comparaison de saveur qu'en comparaison de… bonté !

Et alors, quand on souhaite un bon jour, un bon été, une bonne année, à quoi pense-t-on ?

Tiens, à la page 129 de son livre Kant et l'ornithorynque, Umberto Eco imagine un fax (nous sommes dans les années 90) défectueux où des X viennent en surimpression et qui écrit donc un :

Xappy neX Xear... que tout le monde comprendrait quand même, dit-il…

Remarquant que neX serait là pour suggérer aussi bien next que new, Carambolingue pourrait souhaiter : Xappy next XL… XL… L for langage, of course !

Philippe Sahuc Saüc

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 19:19

Could one be the only one in the world to be able to pronounce a special sound ?

https://youtu.be/tVVFyQTapRk

On entend là de jeunes vietnamiens vivant à Prague, apprenant le tchèque, et un visiteur français. La professeure essaie comme elle le peut d'aider à prononcer ce son, qu'elle-même n'appellerait pas Rotacismus Bohemicus, laissant cela aux linguistes, mais tout simplement : ř.

La vidéo montre l'alternance entre une bouche française, masculine, broussailleuse et bredouillante, et une bouche tchèque, féminine, entraînée à cette jolie courbe qui surmonte le r ?…

Des manuels d'apprentissage de la langue tchèque invitent à mélanger un r roulé et le son que le lettre j produit en langue française…

… et pas en tchèque, où c'est le : ž.

Mais à l'usage, le r roulé est difficilement perceptible, malgré la graphie du son qui part de la lettre r… avec une écuelle ?

On pourrait plutôt penser au son du j français mais articulé avec des lèvres particulièrement serrées, voire un mouvement de frottement des lèvres…

Frottement de lèvres ? Bon, l'amour est enfant de Bohême, on le sait bien…

Est-ce pour cela, parce que la petite écuelle pourrait figurer l'amorce d'un baiser, qu'on la retrouve en tchèque sur toutes les lettres suivantes :

č, ě, ř, š, ž,

Tiens, dans cet ordre, l'alignement aurait quelque chose de tchèque en tchèque…

Ou alors une indication de vent en occitan… mès lo Cers venç pas de l'est !

Alors, d'où pourrait venir ce Rotacismus Bohemicus et d'abord d'où vient son nom, qu'on dirait tout droit sorti d'un tractacus linguarum ?…

As difficult to pronounce for every language native ?

Intéressant de débusquer sur internet le doute qu'ont certains anglophones : le son serait plus facilement accessible aux francophones…

Si l'on en croit les descriptions phonologiques actuelles, il s'agirait d'une consonne dorsoalvéolaire roulée dont la variante principale est voisée…

Est-ce encore dû à l'influence de l'enfant le plus connu de la Bohême, mais imaginer quelqu'un de roulé-e sur le dos en ambiance voisée me fait penser à… řaneton… et sa non pas cédille mais faucille ?

Rotacismus aurait pourtant quelque chose de sévère, oh mais comme tous les termes latins de plus de trois syllabes…

Allons voir chez les Grecs, où le rhotacisme serait finalement juste : prendre l'r…

Donc, un bon conseil si la morosité (et justement pas la moravité) vous guette :

si vous vous sentez en e-tchèque, prenez l'r de Bohême !

Philippe Sahuc Saüc

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 21:11

Could someone hear in H-E-A-R way ?

H = hizkuntza (langue en euskara)

E = especial

A = aucune

R = rhizomedonc (reprend l'image du rhizome associé au Tout-monde d'Edouard Glissant, associant potentiellement toutes les langues du monde).

En écoutant donc « bai dom » avec, potentiellement en tête toutes les langues du monde, la multiplicité de ce que l'on peut entendre résulte de la combinaison d'une double diversité…

bai : oui (euskara), vas (occitan), chasse (mandinkan), baille (français), adieu (bye, English)…

dom : sang (arabe), maison (russe), cathédrale (allemand), élévation arrondie (dôme, français), fils/fille (wolof)…

Ici, c'est simplement la double abréviation de Baile dominicana, pour ce qui suit...

https://youtu.be/oAQWIINZ694

No es importante, aprender a escuchar ?

C'est ce que prônait Carlos Lenkersdorf pour approcher les langues maya et notamment le tojolabal…

Il insistait notamment sur la valeur du ke'ntik, équivalent de nosotros...

Le fait de bien marquer cette différence entre le positionnement singulier du « je », le positionnement le plus habituel pour les… occidentaux ? Occidentaux à longues études ? Occidentaux éduqués au pense-par-toi-même ?… et le positionnement collectif du « nous » est peut-être plus facile pour les personnes dont l'usage de la langue française est encore marqué par l'occitan. On y dit aussi souvent « nous autres », que simplement « nous »… cela ne paraît-il pas bien marquer l'altérité de ce collectif ?

Lenkersdorf prône aussi de ne pas rire aux usages de nommer des parties d'objet par des noms d'ordinaire dédiés aux parties du corps humain… Ainsi, l'américaine traduisant automatiquement culo par ass, aura tendance à rire d'entendre l'équivalent de culo de la casa… Et le français traduisant ojo par œil ne va-t-il pas trouver étrange d'entendre l'équivalent de ojos de los arboles ?

...sauf si une latino-américaine lui a appris un jour qu'on devait faire un clin d’œil à l'arbre auquel on voulait prendre une prunelle (équivalent d'ojo, plutôt même que fruta, dans cet usage-là…).

Et dire que nous autres, vicini d'italiani, avons ri si souvent en répétant, avant d'entrer en scène :

nel culo della balena ! Speriamo che non cagui…

Un peu comme Moses Isegawa prend un apparent plaisir à évoquer le surnom de Mpanama (Chroniques abyssiniennes, 1998), qu'il associe au bruit de la bouse de vache tombant sur un sol dur… Il a écrit en néerlandais mais rien que les sonorités de ce mot suggèrent une autre langue, mystérieusement cachée dans la traduction française du roman (il n'y est question que de « mots africains »). Sans être sûr de son nom, peut-être Luganda, de l'avoir entendue, je la salue :

Osiibye ! Mpanama… Mchapeau M'Adam !

Philippe Sahuc Saüc

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 17:41

Colours to celebrate a wonderful world but also other colours, even colors ?

A chaque langue, sa symbolique des couleurs ?

Pourtant, des récurrences se sont installées entre langues, notamment par le jeu des dominations, notamment entre le blanc et le noir. Intéressant toutefois de voir que certaines langues ont su créer ou maintenir des variantes, telle la langue euskara :

https://youtu.be/GHBKDzoXPDc

Dans ce fragment du film d'Asier Altuna, Amama (2015), on entend associer deux caractères humains caricaturaux à deux couleurs, voire deux valeurs puisque ce second terme aurait ici tout son sens… Il est d'abord question de quelqu'un de mou, faible, paresseux et le passage se termine par « kolorea zuria », la couleur blanche. Il est ensuite question de quelqu'un de révolté, violent, méchant et le passage se termine par « kolorea beltza », la couleur noire.

Comme bien souvent, hélas, la couleur noire est associé à du négatif, ici la méchanceté, et on sait bien que ce marquage des représentations collectives joue encore son rôle dans différentes formes de racisme. Ce qui est intéressant ici est que la couleur blanche n'est pas l'opposé magnifié de la noire, elle est aussi une couleur négative. C'est le rouge, marqueur de indar, la force basque, qui serait la couleur valorisée.

Ces associations symboliques, problématiques dans les relations interindividuelles et dans l'insertion collective de certains et certaines, sont-elles une fatalité ?

Est-il de l'ordre de la pure élucubration carambolingienne de croire en un heureux effet possible de certains croisements d'imagination liés à la diversité des langues ?

Tiens, le fameux beltz, le noir des Basques… Ez ondo al da ?

Pourtant, si on l'entend « belts », ce qui n'est pas impossible…

Just something you wear to hold your troussers and to be smart ?

Par ailleurs, les Belts des Etats-unis d'Amérique, pour des générations d'écoliers étrangers, ont caractérisé la richesse des zones de production du pays…

Prenons maintenant l'adjectif noir d'une langue d'Afrique…

fiŋma… mandinka kaŋ !

Une oreille habituée à l'occitan pourrait y entendre « fina man » et par la référence à cette main fine, y voir la traduction d'une reconnaissance d'habiletés qui iraient de la fabrication d'objets au pincement des cordes de la kora par exemple et jusqu'à l'invention de nouveaux signes d'écriture, tel ce qu'a fait Solomana Kante avec son invention du nko ...

Et en wolof ? Buñul…

Et là, ça se gatte parce que le colonialisme, bien sûr, est passé par là…

Pourtant, souhaiter un cheval noir pour franchir les ravins solsticiaux devrait pouvoir se faire en toute amitié : fass buñul !

Philippe Sahuc Saüc

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 18:50

Could one be in lack of water ?

Mais en français, un lac, c'est déjà de l'eau…

Cela peut être même une référence linguistique pour évoquer la présence massive d'eau, ainsi dans la langue kurde telle que la parle quelqu'un qui a grandi au kurdistan jusqu'à la fin de l'enfance...

https://youtu.be/G-5UQU9MzFg

Le contributeur de la semaine a poussé le scrupule de sa connaissance non exhaustive de la langue kurde, même s'il s'agit de sa langue maternelle, jusqu'à poursuivre ensuite l'enquête (qu'il en soit remercié!). Ce qu'il en a révélé est fort intéressant puisque, dans un premier temps, il apparaît que « derior » qu'il associait au lac est plutôt une façon de désigner la mer et que le lac serait plutôt « deriorcha », soit le terme désignant la mer, associé à… une sorte de diminutif.

Par ailleurs, il a retrouvé ainsi un terme désignant l'océan, « okheanus », qui, par sa ressemblance avec un terme latin, suggérerait que la mer ferait encore partie de l'environnement proche des Kurdes mais que la façon de désigner l'océan aurait pu venir d'une langue a priori plus lointaine, précisément utilisée par des voyageurs venant de plus loin…

Spas !

Ne croyez pas soit tronqué là un « spassiba », véritablement Спаси́бо, le merci russe. Non, il s'agit véritablement d'un merci kurde, qu'on pourrait certes écrire سووپاس .

Mais après tout, à l'invitation d'« okheanus », poursuivons le flirt entre le kurde et le latin…

Spas, deuxième personnes du présent d'un verbe latin spare ?

Ne le cherchons pas dans le Gaffiot, ou bien accompagnons-nous dans cette recherche de la méthode Carambolingue et alors deux bonne pioches !

1. de spectare, regarder, un verbe spare, obtenu par contraction, pourrait signifier ne pas faire que regarder… Qui ne se contente pas de regarder, mettons l'autre en difficulté, l'aide sans doute et donc, reconnaître que dans certaines circonstances on ne se contente pas de regarder peut être une expression pertinente de remerciement, non ?

2. de sperare, espérer… mais qui contient en germe le errare de la fameuse expression errare humanum est, certes consolante pour nous rappeler qu'à chaque erreur que nous commettons nous ne sommes qu'humains mais agaçante aussi… Eh bien, espérer sans risque de se tromper, n'est-ce pas ce que l'on peut attendre par excellence d'un ami, d'une amie véritable et donc ce spas, sperare sans errare serait là encore, plus qu'un remerciement, une reconnaissance !

Ah, les retours d'enquête !… Dans le post « Gongaa tan », il était fait état de l'impossibilité pour un locuteur peul ayant quitté depuis longtemps l'Afrique de dire « vague » en cette langue. Confronté au résultat d'un recherche par internet faisant apparaître « waame », cette personne, fréquent contributeur à Carambolingue (qu'il en soit remercié!), a alors retrouvé un mot à la sonorité proche, « yaame », désignant aussi quelque chose qui a à voir avec l'eau puisqu'il s'agit du cours d'eau temporaire, ce qu'on désigne souvent par marigot en Afrique, mot qui pourrait croiser la mare et un terme caribéen…

Etait-ce de l'eau apportée au moulin des paroles ? Ja ? Wau ? Me dutem ?… (où le doute collectif apparaîtrait par renversement de la gratitude religieuse du Te Deum)

Philippe Sahuc Saüc

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