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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 17:41

Colours to celebrate a wonderful world but also other colours, even colors ?

A chaque langue, sa symbolique des couleurs ?

Pourtant, des récurrences se sont installées entre langues, notamment par le jeu des dominations, notamment entre le blanc et le noir. Intéressant toutefois de voir que certaines langues ont su créer ou maintenir des variantes, telle la langue euskara :

https://youtu.be/GHBKDzoXPDc

Dans ce fragment du film d'Asier Altuna, Amama (2015), on entend associer deux caractères humains caricaturaux à deux couleurs, voire deux valeurs puisque ce second terme aurait ici tout son sens… Il est d'abord question de quelqu'un de mou, faible, paresseux et le passage se termine par « kolorea zuria », la couleur blanche. Il est ensuite question de quelqu'un de révolté, violent, méchant et le passage se termine par « kolorea beltza », la couleur noire.

Comme bien souvent, hélas, la couleur noire est associé à du négatif, ici la méchanceté, et on sait bien que ce marquage des représentations collectives joue encore son rôle dans différentes formes de racisme. Ce qui est intéressant ici est que la couleur blanche n'est pas l'opposé magnifié de la noire, elle est aussi une couleur négative. C'est le rouge, marqueur de indar, la force basque, qui serait la couleur valorisée.

Ces associations symboliques, problématiques dans les relations interindividuelles et dans l'insertion collective de certains et certaines, sont-elles une fatalité ?

Est-il de l'ordre de la pure élucubration carambolingienne de croire en un heureux effet possible de certains croisements d'imagination liés à la diversité des langues ?

Tiens, le fameux beltz, le noir des Basques… Ez ondo al da ?

Pourtant, si on l'entend « belts », ce qui n'est pas impossible…

Just something you wear to hold your troussers and to be smart ?

Par ailleurs, les Belts des Etats-unis d'Amérique, pour des générations d'écoliers étrangers, ont caractérisé la richesse des zones de production du pays…

Prenons maintenant l'adjectif noir d'une langue d'Afrique…

fiŋma… mandinka kaŋ !

Une oreille habituée à l'occitan pourrait y entendre « fina man » et par la référence à cette main fine, y voir la traduction d'une reconnaissance d'habiletés qui iraient de la fabrication d'objets au pincement des cordes de la kora par exemple et jusqu'à l'invention de nouveaux signes d'écriture, tel ce qu'a fait Solomana Kante avec son invention du nko ...

Et en wolof ? Buñul…

Et là, ça se gatte parce que le colonialisme, bien sûr, est passé par là…

Pourtant, souhaiter un cheval noir pour franchir les ravins solsticiaux devrait pouvoir se faire en toute amitié : fass buñul !

Philippe Sahuc Saüc

pour toute réaction, tout contact : helipsahuc@wanadoo.fr

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20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 18:50

Could one be in lack of water ?

Mais en français, un lac, c'est déjà de l'eau…

Cela peut être même une référence linguistique pour évoquer la présence massive d'eau, ainsi dans la langue kurde telle que la parle quelqu'un qui a grandi au kurdistan jusqu'à la fin de l'enfance...

https://youtu.be/G-5UQU9MzFg

Le contributeur de la semaine a poussé le scrupule de sa connaissance non exhaustive de la langue kurde, même s'il s'agit de sa langue maternelle, jusqu'à poursuivre ensuite l'enquête (qu'il en soit remercié!). Ce qu'il en a révélé est fort intéressant puisque, dans un premier temps, il apparaît que « derior » qu'il associait au lac est plutôt une façon de désigner la mer et que le lac serait plutôt « deriorcha », soit le terme désignant la mer, associé à… une sorte de diminutif.

Par ailleurs, il a retrouvé ainsi un terme désignant l'océan, « okheanus », qui, par sa ressemblance avec un terme latin, suggérerait que la mer ferait encore partie de l'environnement proche des Kurdes mais que la façon de désigner l'océan aurait pu venir d'une langue a priori plus lointaine, précisément utilisée par des voyageurs venant de plus loin…

Spas !

Ne croyez pas soit tronqué là un « spassiba », véritablement Спаси́бо, le merci russe. Non, il s'agit véritablement d'un merci kurde, qu'on pourrait certes écrire سووپاس .

Mais après tout, à l'invitation d'« okheanus », poursuivons le flirt entre le kurde et le latin…

Spas, deuxième personnes du présent d'un verbe latin spare ?

Ne le cherchons pas dans le Gaffiot, ou bien accompagnons-nous dans cette recherche de la méthode Carambolingue et alors deux bonne pioches !

1. de spectare, regarder, un verbe spare, obtenu par contraction, pourrait signifier ne pas faire que regarder… Qui ne se contente pas de regarder, mettons l'autre en difficulté, l'aide sans doute et donc, reconnaître que dans certaines circonstances on ne se contente pas de regarder peut être une expression pertinente de remerciement, non ?

2. de sperare, espérer… mais qui contient en germe le errare de la fameuse expression errare humanum est, certes consolante pour nous rappeler qu'à chaque erreur que nous commettons nous ne sommes qu'humains mais agaçante aussi… Eh bien, espérer sans risque de se tromper, n'est-ce pas ce que l'on peut attendre par excellence d'un ami, d'une amie véritable et donc ce spas, sperare sans errare serait là encore, plus qu'un remerciement, une reconnaissance !

Ah, les retours d'enquête !… Dans le post « Gongaa tan », il était fait état de l'impossibilité pour un locuteur peul ayant quitté depuis longtemps l'Afrique de dire « vague » en cette langue. Confronté au résultat d'un recherche par internet faisant apparaître « waame », cette personne, fréquent contributeur à Carambolingue (qu'il en soit remercié!), a alors retrouvé un mot à la sonorité proche, « yaame », désignant aussi quelque chose qui a à voir avec l'eau puisqu'il s'agit du cours d'eau temporaire, ce qu'on désigne souvent par marigot en Afrique, mot qui pourrait croiser la mare et un terme caribéen…

Etait-ce de l'eau apportée au moulin des paroles ? Ja ? Wau ? Me dutem ?… (où le doute collectif apparaîtrait par renversement de la gratitude religieuse du Te Deum)

Philippe Sahuc Saüc

pour toute réaction, tout contact : helipsahuc@wanadoo.fr

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13 mai 2016 5 13 /05 /mai /2016 18:47

Could it be as comforting as an Irish coffee when one has to cross a wet and windy spring ?

Quand le printemps paraît tellement absent qu'on pourrait même dire qu'on est en deuil de printemps ?

Halbtrauer ?

Wie im Buch Kühe in Halbtrauer, von Arno Schmidt (titre que Claude Riehl traduit par Vaches en demi-deuil).

Strohwitwer ?

Il s'agirait alors d'un veuf de paille, homme retournant temporairement à l'état de célibat selon Immo, ayant grandi en Prusse, tandis que plusieurs sources sur internet situent l'expression dans la région de Sion, en Suisse.

Suisse de paille ?

De paille et de pervenche, si l'on en croit l'uniforme des suisses du Vatican… paglia e pervinca ?

Or, il se trouve qu'Arno Schmidt joue à des jeux dignes de James Joyce, ou bien alors fait jouer ses traducteurs à des jeux qui ont à voir avec ce qu'on peut trouver dans Finnegans Wake par exemple…

« (Nixen mummeln ?) absurde ! Les nixes n'existent pas »

de Murmeln, murmurer, on est arrivé à un mummeln lui-même apparemment inexistant mais qui pourrait suggérer un son encore plus ténu… pour des nixes qui nixistent pas…

« Narfen merren donc coassements de grenouilles »

Narfen pourrait dériver de Narren, se moquer (qui frise curieusement le très neutre narrer français)… ne paraît-on pas coasser parfois quand on se moque ? Mais merren ?… et pourquoi pas une germanisation de l'anglais mare, la jument… dont on se moque parce qu'elle voudrait se faire aussi petite qu'une grenouille ?

« Dingen margen Rodel lingen anglais « margin » »

Le rapprochement de deux langues nous est là directement suggéré : margen/margin, soit apparemment la marge dans les deux cas, bizarrement associée aux choses et au toboggan, mot pour lequel la langue française a emprunté à l'algonquin… sachant qu'un lecteur ou une lectrice arrivant dans cette phrase avec encore d'autres références linguistiques, tout en sachant que l'allemand rend tout « g » guttural, pourrait être tenté de rapprocher cette margen d'une marga catalane, autrement dit du manche de l'objet hétéroclite et ludique… the joystick ?

Au fait, Carambolingue jouant à des jeux de Joyce sur une radio berlinoise, Kiez.fr, cela peut s'écouter en ligne: http://muckefunk.de/ Le reportage sur Carambolingue est très approximativement à la minute 57, ou en déroulant la table des matières, au point 22…

Hold the joystick ! Befreie das JoyceSpiel…

Philippe Sahuc Saüc

pour toute réaction, tout contact : helipsahuc@wanadoo.fr

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4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 18:56

Can one be sure to be able to tell the whole truth ?

Ce n'est pas forcément une question de ne pas vouloir dire mais de ne pas pouvoir dire...

Ainsi :

https://youtu.be/PC3taazzd4k

Dans un premier temps, la langue pulaar telle qu'elle est parlée par quelqu'un qui a grandi au Mali s'avère ne pas pouvoir dire la vague ni même dire la mer. Mais elle sait faire la différence entre le fleuve et le marigot, ce genre de cours d'eau qui s'oppose au fleuve, en Afrique, non pas tant parce qu'il est affluent, comme le serait une rivière, mais parce qu'il est temporaire… Dans un deuxième temps, la même langue pulaar offre le remerciement à qui est venu, langue pulaar alors telle qu'elle est parlée par quelqu'un qui a grandi en Guinée…

Normal que les langues n'aient pas de mot pour ce qui n'existe pas sur les terres (ou les mers?) où elles ont grandi, non ?

Normal que la langue française n'ait pas de mot pour certaines variétés de neige que connaît bien la langue des Inuits (exemple ô combien connu !…).

Normal que la langue bretonne telle qu'on la parle sur l'ïle de Sein n'ait pas de mot pour dire pont puisque aucun cours d'eau ne coulant à travers l'île, aucun n'est à franchir… (https://youtu.be/dI4SbCXpGGE)

Normal que les langues qui ont grandi ailleurs que près des pôles terrestres aient des mots composés pour dire aurore boréale et pas simplement, comme en finnois : revontulet…

Il arrive aussi que parfois les langues aient à redécouvrir des façons de dire…

Kiez oder Viertel ?

Quartier ou voisinage ?

Only neighbourhood ?…

Il est intéressant aussi de voir comment on essaie d'apprendre une langue à une diversité de personnes qui partent de différentes langues.

Un film, In Jackson heights (Wiseman, en diffusion actuelle en France), montre comment, à New York, on enseigne les points cardinaux à de futurs chauffeurs de taxi qui arrivent des quatre coins du monde, porteurs de cent soixante-sept langues au moins…

La solution trouvée est de partir du corps et des usages où la plupart des cultures, et avec elles les langues des apprentissages maternels, mobilisent telle ou telle partie du corps…

N… nose ?

S… shoe ? Parce qu'un certain usage de l'urbanité fait qu'on y circule chaussé-e ?

E… eat ? Ce qu'on ne fait en beaucoup de cultures qu'à l'aide de sa main droite…

W… wash ? Il s'agit bien sûr de nettoyer les parties potentiellement les plus sales du corps, ce qu'on ne fait en certaines cultures qu'à l'aide de sa main gauche…

Gongaa tan… Rien que la vérité ! en pulaar… Cherchons donc une langue où vérité n'existerait pas...

Philippe Sahuc Saüc

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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 15:45

Not to order to such a Swiss man that wanted to address very directly a worm in an apple… on a boy's head ?

Could worm be word ?

En français, ver n'est pas loin de vers...

Peut-on ainsi passer des animaux, même petits, aux éléments de l'expression humaine ?

Allez, en voici la preuve auditive, venue du Cameroun...

https://youtu.be/mpC2Fbg8jqw

Intéressant de voir comment les sons de la nature peuvent inspirer l'expression humaine, non ?

Ici dans la forme élaborée du chant… Parfois dans la forme moins élaborée de l'onomatopée…

Soit celle que chacun, chacune, à l'intérieur de sa langue croit évidente et pourtant… l'aboiement du chien par exemple :

wau wau, auf Deutsch aber das man aussspricht nicht wie wouaou wouaou aus Französisch…

bup bup en lenga catalana…

bau bau dove si cave canem oggi…

… « meong meong » en coréen ?

Au fait, en prenant du langage humain la part animale, serait-on déjà au quart d'une vérité ? Viertel, das ist Tiertell… Surtout si c'est un certain Wilhelm qui envoie le carreau !

Un héros national mais pas du pays ayant choisi comme emblème le coq et…

...où il existe un verbe coqueriquer, très officiellement reconnu par l'Académie française mais qu'on ne trouve plus guère aujourd'hui que dans les concours de dictée, tout comme zinzinuler pour la mésange, margotter pour la caille ou encore gringotter pour le rossignol ou le rouge-queue…

Ne retrouve-t-on pas là d'une autre façon l'influence possible de l'oiseau sur le langage ? Après tout, le dire ainsi est rendre à ces oiseaux un caractère sonore inimitable, non assimilable au terme générique de chant, pas plus que de cri.

Mais revenons au chant humain-oiseau du Cameroun…

Après tout, créer un chant en s'appuyant sur une mélodie préalable de son environnement s'est fait dans d'autres cultures… Claude Nougaro ne l'a-t-il pas fait en appuyant une partie de sa mélodie Ô Toulouse sur la mélodie du carillon de l'église des Minimes, celle de son quartier d'enfance ?

Bon, d'accord, on reste entre éléments de culture humaine et dans ce cas urbaine… Or, les bamilékés savent jouer de cela aussi, s'appuyant sur la mélodie du chant de l'oiseau, pour créer un chant qui parle d'aller… au champ !

Découvrir cette capacité chez une langue discrète par rapport aux médias planétaires devrait rendre modestes les locuteurs des langues à enluminures, non ?

Aussi, ne coqueriquons pas trop mais, si cela nous chante, encoquelicotons notre vie ! (les champs nous disent que c'est déjà la saison des coquelicots…)

Philippe Sahuc Saüc

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25 avril 2016 1 25 /04 /avril /2016 17:11

Try to remember when blog was so pès pèsh…

C'était au post du 18 octobre 2015, « Pesh melga »…

Il vous faisait entendre un « pès pès » qui disait « tout doucement » en sango…

Et même si vous n'y allez pas, on vous ramène au sango !https://youtu.be/X4PSfMNPQD8

Without going, you go…

yugo ! comme s'interpellent les hommes en soninké pour se saluer ou se réveiller, façon de faire qui donne la pêche !

Mais au fait, la douceur, ça donne aussi la pêche ?

Tiens quand un chemin de vie part des douceurs de pâtisserie à la pistache pour arriver à d'autres fruits aquitains… aquí té !

https://youtu.be/AqeeR2ZZeGY

Bon, d'accord, la pêche s'est transformée en pruneau, mais la douceur est bien là, double douceur pour celle qui évoque le Maroc de sa petite enfance et la ville d'Agen d'années de jeunesse encore… Douceur de le dire aussi en cet arabe tel qu'il est parlé au Maroc…

… et qui peut vous faire taquiner lorsque vous parlez de duwwār (on écrit aussi douar en français) pour parler du village, alors que d'autres façons de parler arabe au Maghreb emploieront plutôt le terme de wilā'ya, même si ce terme, qui dériverait du turc vilâyet, est censé désigner une unité spatiale plus grande.

Mais revenons à nos pêches !

Ah, coquine de langue française qui avec le même mot désigne une activité de capture en milieu aquatique (ce que fait Carambolingue, si l'on considère la fluidité de l'univers des langues mélangées) et un fruit préalablement évoqué, en tout cas comme symbole de l'état de forme…

Pourtant, toujours en français, l'arbre aux pêches, le pêcher, est proche par l'orthographe du pécher, sans que la pêche n'ait jamais été accusée d'avoir joué le rôle du fruit défendu…

пе́чень… trouve-t-on dans Les carnets du sous-sol de Dostoïevski. On lit « pétchegn » et on doit comprendre foie.

En mettant en résonance les deux langues, la française et la russe, on entend qu'un mot qui ressemble à pécher désigne le foie. Est-ce pour cela, qu'injustement sans doute, on oppose parfois le cœur, lieu des beaux sentiments, et le foie ?

Pourtant, en jouant toujours sur les homophonies, entre fois et foie par exemple…

Entendre « Il était une fois » nous a souvent promis une belle histoire, non ?

Comme celle qui mène de la pistache au pruneau...

… ou de la tâche au prix ! Alors doucement, doucement d'accord, mais tentons et...

pès pès… et bonne pioche ! (qui n'a rien à voir avec le féminin du piòt occitan...)

Philippe Sahuc Saüc

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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 19:24

,O'

When you say nothing, I hear something…

L'ensemble vide n'est donc pas acoustiquement vide tant que quelqu'un est là pour le nommer !

Pour un rien, on vous fait tout un post ! Donc ce rien est déjà quelque chose…

En arabe ce serait le « chay » (merci à Aïcha -anagramme de chay ah !- pour l'indication), un quelque chose qui prendrait place en mathématiques (« riadiètun » en transcription phonétique approximative ?), si importantes dans la culture arabe et pour lesquelles l'apport de la culture arabe a été si important…

,O' = x ?

Or, un rien ou des riens ?

Plusieurs riens, si l'on en croit la diversité des façons de le dire au Cameroun…

https://youtu.be/URrZ2SiCqiA

On entend parler là des langues à la fois voisines et cousines, toutes apparentées au bamiléké, toutes parlées au Cameroun. Parlées par quelqu'un qui venait de me parler de « rien » après avoir entendu un remerciement de ma part pour un verre d'eau apporté...

Un rien apparent mais qui parfois, sûr, vaut mieux qu'une grande quantité…

Un tien vaut mieux que deux tu l'auras, dit ainsi la langue française…

Un perdigal sus un crostet val mai qu'un perdigal que vòla, dit la langue occitane…

D'un côté on suppose que le « tien » n'est pas tout à fait rien, sans être grand-chose, de l'autre on le précise : c'est la sardine sur le quignon de pain qu'on tient déjà en main et qui vaudrait donc mieux que le perdreau qui s'envole…

Langues voisines mais un rien différentes à certains moments, pour dire certaines choses…

et aussi la négation de la chose…

« Nothing » says straightly English…

« Rien » qui n'est pas « pas chose » du côté français…

Mès « pas rès » se dit la lenga occitana…

Et ce serait pareil en Afrique puisque... « dara » dit le wolof avec un mot bien à part…

« man feη » dit le mandinkan, soit littéralement « pas quelque chose »…

Alors un petit défilé de riens d'Europe ?

Nic en tchèque, qu'un français pourrait prendre pour une taquinerie et une occitane pour un niuc (un nid) auquel il manque juste un peu d'assise…

semmi (« shêmi ») en hongrois, que bien des langues liraient comme une moitié (une moitié de rien, est-ce encore plus rien?) et entendraient comme la science des toutes petites particules...

ոչինչ։ en arménien… écriture troublante ou le rien se déploie et trouve même à l'intérieur de lui un écho de forme avec ce zig-zag s'étalant élégamment vers le bas…

Ame n'est rien ? Que ce rien parle donc encore à vos âmes !,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,,O'''''''''''''''''''''''''''''''''''''''''

Philippe Sahuc Saüc

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 19:17

Do not we need company not to disappear ?

Au moins un comparse, pour ne pas faire comme l'étoile de Jules Supervielle qui cesse d'exister si nul ne pense à elle…

Etrange disparition dans le mot italien pour dire disparition, scomparsa, de tous ces éléments qui rendent les autres langues latines solidaires dans la disparition, en tout cas la façon de la nommer :

desaparición, desaparecimento, despareissença, dispariţie…

Or, il est des disparitions plus angoissantes, telle :

https://youtu.be/GgDO8YLm24s

Quelques éclats de voix, d'abord… reconnaît-on la langue japonaise ? Puis des éclats d'un combiné téléphonique, un modèle du début des années soixante, puisqu'il s'agit d'une bribe du film d'Akira Kurosawa, « Entre le ciel et l'enfer », datant de 1963.

« Moshi moshi » entend-on, la classique formule japonaise d'entrée en conversation téléphonique.

A une disparition phonique près, un-e francophone entendrait « moche moche », ce qui traduirait bien le sentiment qu'apparemment Kurosawa a voulu susciter en évoquant la disparition d'un enfant...

Ensuite une conversation se noue autour de cette question, symbolisée sur la vidéo par un kanji qui voudrait précisément dire : éteindre, s'éteindre, disparaître (Claude Martin, Les Kanji, FransOrienT)… On remarquera que grâce à la disparition de certains éléments du kanji « disparaître », on peut donc faire apparaître les éclats de voix et même les éclats d'un combiné téléphonique du début des années soixante…

Mais au fait, disparition ou enlèvement ?

Fonte de lettre ou lipogramme, comme dans le roman de Georges Pérec intitulé précisément la Disparition, où on ne peut nulle part lire la lettre e, sans pour autant qu'aucun mot n'y soit tronqué.

On ne peut donc y lire « nlvmnt », qui serait bel et bien le résultat de la pure fonte de la lettre e… Il est sûr que cette disparition coûterait à l'enlèvement tout son sens !

A propos de ce qui coûte… Nous avons pris l'habitude d'étalonner les prix les plus élevés à des parties censées être parmi les plus précieuses de notre corps. Ne dit-on pas « ça m'a coûté un bras, un œil, voire la peau des fesses... » ?

Eh bien, si l'on en croit le Dictionnaire des façons de parler du XVIème siècle (Pierre Enckell, CNRS éditions, 2000), l'expression équivalente était plutôt « ça m'a coûté la rançon d'un roi ». Comme quoi, à l'époque, certaines formes d'enlèvements vénaux (alors qu'on aurait tendance à considérer la pratique comme très moderne) étaient marquantes au point d'en façonner le langage. C'est d'autant plus remarquable que l'examen de l'ensemble des expressions de ce XVIème siècle révèle beaucoup plus de référence directe au corps que nos expressions actuelles...

Nos corps comporteraient-ils selon nous désormais trop de lourdeurs ? Allez, quelques cessions qui pourraient donc nous rapporter et nous permettre, pourquoi pas, de retrouver légèreté de danse qui pourrait alors s'appeler...

Scomparsita ?

Philippe Sahuc Saüc

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1 avril 2016 5 01 /04 /avril /2016 19:17

Go for go or go for one ?

Go est en effet le un de la langue pulaar. Pour compter en pulaar, on commence par « go », sachant par ailleurs que dans les cultures d'Afrique de l'ouest, le lièvre qui ne part pas à point est pourtant l'animal le plus avisé…

Encore à propos de go, sans jouer, dans la vidéo suivante, à moment donné on entend compter en pulaar : go, didi, tati, nahi diohi…

Auparavant il est compté en parallèle en soninké : hillo, siko, nakhato, karago, etc.

et en mandinkan : fula, saba, nani, lulu, etc.

Dans les deux cas, on commence mystérieusement à deux…

https://youtu.be/s9Ul3hB1NHU

Ce qui peut également paraître mystérieux sur la vidéo est l'accumulation des signes qui essaie de suivre tant bien que mal le dénombrement…

Il s'agit de consonnes de l'écriture nko qui peut servir, depuis 1959 et son invention par Solomana Kanté, à transcrire les langues d'Afrique de l'ouest. Sur la vidéo apparaissent successivement le « η », le « h » et le « p » (mais auquel il manque une barre supérieure qui le ferait ressembler à un F de l'alphabet latin), le « n » et même le « b », image en miroir du « p » et auquel il manque la même barre en miroir…

Pourquoi s'intéresser particulièrement aux consonnes ?

Ceci est-il destiné à être lu d'un homme Consoranorum ?

A vrai dire, Lugdunum Consoranorum, possible antique capitale du peuple du Couserans, est un peu à l'auteur de ce post ce que fut Trieste à James Joyce, un lieu de présence active et sans doute d'inspiration…

Mais alors que les Consorani n'avaient vraisemblablement rien de particulier à voir avec les consonnes, Trieste s'écrit Trst en slovène, ville donc au nom uniquement peuplé de consonnes…

Comptons sur Joyce pour nous en dire quelque chose…

En tout cas comptons sur la lecture du premier chapitre de Finnegans wake…

Plus précisément, avant de procéder dans un prochain post à la confrontation, comptons sur notre lecture d'une traduction française de Finnegans Wake qui fait notamment apparaître :

. le plus intéressant pour nous, la page où Joyce met F en miroir, un peu comme dans l'écriture nko mais en le couchant...

. la pftjschute de Finnegan… On peut y observer la succession de 7 consonnes, Trst est battue au nombre mais conserve le privilège de l'absence totale de voyelle ;

. les hymniques Houyhnhnms… Là, on est à six, profitant d'un s de pluriel encore…

Et dire que dans certaines langues africaines, on aime tant l'alternance précise d'une consonne/une voyelle… On aime !

Et vous, vous comptiez ? Eh bien go maintenant...

Philippe Sahuc Saüc

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26 mars 2016 6 26 /03 /mars /2016 13:55

Old Abroad Transportation ?

O.A.T... faut-il avoir un grain pour voyager rien qu'avec ça ?

Tout part d'un besoin de peau qui vous conduit au lait d'avoine…

De nos jours, achetez un simple savon au lait d'avoine et vous pouvez vous retrouver avec une notice qui mêle le grec moderne et l'arabe…

βρώμη…

شوفان ...

Les champs ne sont sans doute pas les mêmes et pourtant on y trouve ce signe commun ش / ώ, l'un surmonté de petits grains, l'autre d'une barbe qui s'envole au vent.

Dans l'avoine, quelque chose est parti, est-ce pour cela que le nom français commence par l'apparence d'un préfixe privatif ? Serait sans « voine », cette céréale ? Attention, à peu de chose et un anagramme près, elle serait sans envie…

D'où l'avoinée ? Il semble bien que le terme vienne de la plante, sans autre explication…

Pourtant, elle pourrait être synonyme de paix, cette plante dont le nom fait voisiner basque (olo) et bachkir (һоло)...

Il est vrai qu'elle est civada en occitan tandis que la cebada est l'orge chez les voisins castillans...

Et en russe ? Ah, en russe…

https://youtu.be/ObHLcu7hSPQ

Eh oui, en russe, овёс, qu'on prononce « avios » fait penser à l'oiseau, mais dit en autre langue. La plante est haute, ses grains sont aériens, ne serait-elle pas par excellence le festin des oiseaux ?

What a transportation !

Cor aviat… C'est la façon dont l'occitan peut dire « court vite »… comme un oiseau ? Là encore, à condition de glisser vers d'autres langues, la latine peut-être et son aves car l'occitan dit aucel pour l'oiseau…

Glisser d'une langue à l'autre ? Eh oui, c'est plutôt celle du cheval qui goûte habituellement l'avoine, en Russie et en Moldavie aussi.

Ah oui, au fait… Quand j'étais petit, un souvenir du gouffre de l'Aven Armand, une trompe en corne décorée, avait vu quelques lettres s'effacer. On n'y lisait plus que « Aven A », comme l'avoine des Latins et encore aujourd'hui des Espagnols et des Italiens…

Avec du souffle, la corne faisait voyager loin !…

Avec détermination, on peut faire d'un grain un tremplin…

Loquaturi : AVE NA !

Philippe Sahuc Saüc

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