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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 18:16

Should you read it, uncle Martin, Tommies' friend ?

Möchtest du es lesen, Onkel Gaston, Freund der Teutonischen ?

Mais lire quoi, au juste ?

Bien sûr, embrassé d'un sel coup d'œil et lu en français, on croit avoir lu le titre de ce qui suit...

https://youtu.be/FT8vIlKzgmM

Cette vidéo essaie d'associer le texte et la dimension vocale de cette performance scénique qui a été donnée à la Cave-poésie de Toulouse, dans le cadre des nuits de la pleine lune, le 24 janvier 2016.

Mais une anomalie technique encore inexpliquée fait qu'il manque à l'enregistrement une dernière exclamation où l'allemand Mond, pour dire la lune, rejoindrait en son le mot français Monde...

Lune et monde dont la musique serait le langage, celui permettant de dire ami sans oublier personne?

Pourtant, le titre Lu N E pourrait être lu autrement...

Lu, justement...

Et puis ce N à prononcer comme lettre isolée, celle qui fait donc, à peu de chose près, « haine » en français...

Est-ce pour cela qu'on peut l'entendre au début du mot « ennemi » ?

Du coup, E est bien la notation musicale anglaise ou allemande correspondant à la note mi des latins...

Alors, aviez-vous dès le départ « lu ennemi » ? Pensiez-vous que ce post serait si mal luné ?

Tout de même, il y a ennemi et ennemi...

inimicus aut hostis ?

Au temps de la guerre de 14-18, un écolier de cette fin d'école primaire qui durait à l'époque jusque vers 13 ou 14 ans pouvait écrire à son père soldat : « … au lieu de inimicus qui veut dire ennemi, j'ai mis hostis, qui dire aussi ennemi mais le premier veut dire une personne avec laquelle on s'est brouillé (…) le second veut dire un ennemi comme les Allemands, qu'on peut tuer. » (Le centenaire de la guerre 14-18 en Ariège, Archives et Conseil du département)

A vrai dire, le mot hostis viendrait d'un verbe, hostire, dont le sens, échappant aux détails des faits de guerre, veut dire rendre la pareille...

… chose qui se fait certes en temps de guerre mais aussi en temps de paix...

D'où le fait que du verbe hostire découlent aussi des mots français tels que hôte, hôtel, hospitalité, hospitalier...

Le grand Georges savait bien, le chantant à son oncle Martin et à son oncle Gaston, qu'une certaine alchimie est là possible :

« Qu'au lieu de mettre en joue quelque vague ennemi

Mieux vaut attendre un peu qu'on le change en ami »

Dans la France de la fin 2015 et du début 2016, où l'on aura beaucoup entendu parler de guerre, a-t-on bien mesuré ce qu'il y aurait à entendre derrière le mot ennemi et ce que l'on peut se permettre de faire ou pas vis-à-vis de quelqu'un qu'on considère comme son ennemi ?

Les langues font souvent des distinctions subtiles...

Ainsi, parlant des « attaques » dans un foyer de travailleurs migrants de la région parisienne à la toute fin du mois de novembre 2015, je me suis vu rappeler la différence qui existe en mandinkan :

mookuntaŋ, mookuruŋo...

Le premier triche mais n'est qu'un bandit, le second est véritablement un criminel...

Alors, au minimum :

« Qu'au lieu de mettre en moue quelque vague coûtant

Mieux vaut attendre un peu qu'on le change en aE/ Anaé (prénom qui dirait grâce en hébreu) »

Philippe Sahuc Saüc

pour toute réaction, tout contact : helipsahuc@wanadoo.fr

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 16:51

Should I have really heard « Call me Achab » ?

C'est le détail d'une réplique du film Singin' in the Rain de Stanley Donen et Gene Kelly (1952).

Bien sûr, le contexte de la scène en question porterait plutôt à entendre « Call me a cab »...

Appelle-moi un taxi ! / Appelez-moi un taxi !...

Comme en français, le pronom personnel de la première personne prend la même forme selon qu'il désigne le complément d'objet ou celui d'attribution donc...

Donc, lorsqu'on vient de lire ou relire Moby Dick (Herman Melville, 1851) qui commence par « Call me Ishmael » et dont le héros est plutôt un certain Captain Achab que le narrateur Ishmael, pourquoi ne pas entendre « Call me Achab » (Appelle-moi Achab, au sens possible de : traite-moi d'Achab...) et penser à un trait de malice du personnage qui parle, suggérant qu'on lui fait poursuivre une quête au moins aussi dangereuse que celle d'un terrible cachalot blanc ?

Autre confusion féconde que le sens multiple d'un mot dans une langue a pu entretenir : pourquoi et comment un cave se rebifferait-il ? Il m'aura fallu attendre longtemps pour connaître la signification de ce mot d'argot (équivalent de naïf) contenu dans le titre du film de Gilles Grangier (1961)... J'étais sans doute intrigué d'entendre un mot dont le féminin m'était connu et se prêtait peu à imaginer de la voir se rebiffer, sauf à entrer dans un film d'horreur où les pièces d'une maison entrent en révolte contre leurs visiteurs... Mais peut-être que j'étais dans le fond imprégné du sens de l'adjectif « cave » que l'on pouvait trouver encore employé dans les écoles du début de la cinquième république : creusé, comme enfoncé, comme les yeux d'un vieillard, voire son corps...

J'aurais alors été prêt à l'échange suivant :

https://youtu.be/-jAIeGKRJIA

Les deux jumeaux adoptifs qu'on entend là parlent en langue mandinkan. C'est d'ailleurs surtout l'un d'eux qui parle, celui dont c'est la langue maternelle :

_ Niŋ kebayata i ka guma taa / Quand tu vieillis, il te faut prendre une canne...

(c'est en effet un verbe multi-usage qui est utilisé en mandinkan dans ce cas, on dit plutôt un équivalent du verbe français prendre qu'un équivalent de se servir de...)

_ Gumakuŋ / Le pommeau de la canne

(le terme de mandinkan kuŋ est ce qui désigne d'habitude la tête, gumakuŋ est donc en quelque sorte la tête de la canne... La langue mandinkan se réfère à la canne comme à un corps en soi qui aurait une tête, sa partie haute, alors que la langue française ferait dériver ce nom de la partie du corps humain qui est en contact avec cette partie de la canne, la paume de la main ?

_ Leefalniŋ / La dent de phacochère...

Mais nous étions partis de cab...

Sanjo fanan bota kabo... Eh oui, en mandinkan, kabo étant le nuage, c'est la pluie qui en part...

kab serait par ailleurs, en ancien hébreu, une mesure de volume équivalent à quatre pintes.

Volume et liquide pourraient nous conduire ainsi d'un cab à un cab'...

Mais en langue française, cela serait-il alors l'abréviation de cabinet ?

Attention, pas le cabinet en rapport avec les bas flux mais plutôt celui des ministères... Rendez-vous compte, le dir'cab m'a écrit cette semaine !

Il s'occupe de quoi ? d'agric' et de pasto', donc entre autres de viti'...

Donc de cab', si l'on veut ainsi abréger le cépage cabernet...

Le ? Les ! Puisqu'il existe aussi bien le cabernet franc que le cabernet sauvignon...

Allez, on est encore en janvier, on peut se souhaiter de bonnes choses... On se doit, n'est-ce pas, de faire des souhaits à rebours des évolutions climatiques et donc des souhaits de pluie fine et persistante mais on peut se la souhaiter bonne, non ?

Cab' kabo !

Philippe Sahuc Saüc

pour toute réaction, tout contact : helipsahuc@wanadoo.fr

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16 janvier 2016 6 16 /01 /janvier /2016 15:37

« Nom de nom » often said my grand-mother, she could have said « nom de moon », considering the diversity of the moon... Question of bad mood ?

Le si petit écart entre les deux mots anglais moon et mood est-il comblé d ans l'expression française être bien ou mal luné-e ? Ah, des langues et des lunes...

https://youtu.be/b9LZ6OLKfcE

On l'entend successivement nommée en russe (et d'autres langues slaves), en castillan, en swahili, en mongol, en japonais, en occitan à deux variantes, la lune, et entre temps, il est question du soleil et du cosmos en mongol...

Certaines de ces langues sont prononcées par des initié-e-s dès l'enfance et d'autres par des personnes qui s'appliquent, comme on s'applique lorsqu'on est conscient d'apprendre une langue et que l'on se dit que cela prendra des lunes ou plutôt des lustres, l'ancienne période inter-sacrificielle romaine qui durait, peut-on lire aujourd'hui, de l'ordre de cinq ans...

La langue mongol est donc particulièrement présente dans cette tresse sonore, grâce à la contribution de quelqu'une qui est en train de l'apprendre et que l'on encourage à le faire jusqu'à connaître les grandes plaines sous la pleine... On peut y remarquer une proximité entre les façons de dire soleil (« Nar ») et lune (« Sar »), contrairement à beaucoup de langues où les deux noms sont sensiblement différents et la plus grande proximité entre lune (« Sar ») et cosmos (« Sansar ») qu'entre soleil (« Nar ») et cosmos (« Sansar »). Mais après tout, en langue allemande entendue par une oreille habituée au français, la lune est « monde » (Mond)...

Si l'on entend certaines langues se répéter, c'est que le même mot peut y dire lune et mois... Ainsi le russe (ме́сяц), d'autres langues slaves, le mandinkan (karo) et sans doute d'autres !

En français, la lune est toujours active, toujours sujet d'un verbe, tantôt croître, tantôt décroître... Mais il ne faudrait pas trop se fier à ce qu'elle nous montre, ainsi active, car c'est en se disant qu'elle est menteuse qu'on comprend qu'un croissant en ( nous indique qu'elle décroît, tandis qu'un croissant en ), assimilable à un D, nous indique qu'elle croît... Bien sûr, on peut aussi chercher dans les lettres minuscules suggérées et se dire que ) compose un p et désigne le premier quartier tandis que ( compose un d et désigne le dernier quartier... Chance de la langue française que son écriture et certains de ses mots puissent permettre de se repérer en matière de lune ? Une belle enquête serait à conduire pour savoir comment cela se passe en d'autres langues ! Avis aux informateurs potentiels, Carambolingue diffusera...

D'une langue à l'autre, du moins pour les langues qui donnent systématiquement un genre à chaque nom, la lune est tantôt féminine (grec, latin, langues latines), tantôt masculine (allemand). En russe, elle peut être soit féminine (луна́) soit masculine (месяц). Dans la culture japonaise, Tsukuyomi (dont le nom commence par le kanji 月 désignant la lune) est un être masculin associé à la lune, alors qu'Amaterasu est un être féminin associé au soleil...

En français, entendre « lune » peut faire attendre « l'autre » comme si la lune ne se suffisait pas à elle-même, est-ce pour cela que les histoires qui la concernent convoquent aussi souvent le soleil ?

Luna latine viendrait de lux, la lumière (on peut remarquer que son équivalent en occitan, lum peut y être masculin, et que luna semble alors le féminin directement dérivé de ce mot lumière). Tout cela viendrait de l'indo-européen leuk...

Tiens, Leuk est le lièvre chez les wolofs (qui sort les nuits de pleine lune, au point que certains langues africaines parlent de « nuit du lièvre », opposée à « nuit de l'hyène ») tandis que dans d'autres continents, les taches qu'on aperçoit sur la Lune font penser à un lièvre...

Mais vous reprendrez bien un croissant ?

полуме́сяц, pour le dire en langue russe, paraît bel et bien évoquer le sexe de la lune...

Good mood, good moon !

Philippe Sahuc Saüc

pour toute réaction, tout contact : helipsahuc@wanadoo.fr

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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 11:22

Should have been « could it be... »

and, by a certain slip of the finger, became :

Copuld it be... love ?

Tant il est difficile de parler d'amour en toute rigueur !

L'interrogation posée à brûle-pourpoint demande un certain temps de réponse...

https://youtu.be/Xv3J26_S4jo

Mais il est intéressant de voir que dans une langue aussi différente du français qu'est le pulaar, un même verbe peut parler d'amour transitivement et intransitivement, peut être utilisé pour parler aussi bien d'aimer un mets que d'aimer une mie...

As, in English, they have to like and to love...

D'autres langues font d'autres rapprochements que like et love, live et love :

ma que triste es la vida, ma que triste es amor...

Mais on n'est pas obligé d'être d'accord ni avec l'une, ni avec l'autre de ces affirmations !

Se raccrocher dans un premier temps à l'affirmation : on ne peut pas parler d'amour dans une langue morte ?

Le kama (celui du Kamasutra) serait l'amour dans une langue morte, en tout cas selon un certain Lee Siegel qui a écrit : Love in a Dead Language (1999).

De fait, le Kamasutra, aurait été écrit en sanskrit, langue qui ne serait plus pour personne la langue du quotidien. Kama, काम, y serait plutôt le désir que l'amour... Ah !

Si c'est le cas, kama serait la part exprimée par une personne, pas forcément la part entendue qui est peut-être bien l'amour, en entendant par là ce qui est partagé, selon l'expression « faire l'amour »...

Plutôt qu'à la distinction entre langue morte et langue vivante, c'est peut-être à la distinction entre langue entendue et langue parlée que cela nous amène.

A la différence des langues européennes notamment, certaines langues d'ailleurs, des langues maya d'Amérique centrale notamment, nous invitent à faire la différence. Ainsi, en tojolabal, on distingue 'ab'al et k'umal, langue entendue (écoutée ?) et langue parlée.

Dans son ouvrage Aprender a Escuchar (2008), Carlos Lenkersdorf l'écrit ainsi : El primero corresponde a la lengua o palabra escuchada y el segundo se refiere a la lengua o palabra hablada.

Mais revenons un peu vers quelques langues mortes... Comment s'y disait, s'y entendait aimer ?

En hébreu biblique : 'ahab... des extraits de la Genèse notamment montrent que dans cette vieille langue le même terme d'amour, 'ahab, pouvait aussi bien s'appliquer à un mets qu'à une personne. Un extrait particulier (Genèse 37:4) suggère que des frères voient l'amour particulier (toujours 'ahab) que leur père porte à l'un d'eux. Ainsi il y aurait la langue pour dire l'amour, la langue pour le faire entendre et peut-être la langue (extra-verbale) pour le faire voir et pas seulement à la personne concernée...

Evidemment, certains de nos troubles actuels viennent de ce qui s'est passé entre le grec et le latin. Ce sont là d'autres distinctions que le mets ou la personne ou encore l'entendre et le dire qui ont opéré... Cet ἐρως que nous essayons parfois aujourd'hui de défendre contre des néo-pudibonderies désignait chez les Grecs pré-chrétiens l'amour aussi bien d'une personne que d'un dieu ! Le christianisme lui a préféré αγαπώ qui évoquait les repas fraternels et a pu se dériver en latin en caritas, laissant aux dérivés du premier amour un caractère suspect, voire pathologique, telle ἐρωτομανία à l'origine « folle passion »...

Les africains de l'ouest disant prendre un bain de peau pour dire faire l'amour,

par un pur souci de synthèse, Carambolingue vous souhaite : quelques bons bains de folie !

Gulo kono kuu... cela ne fait-il pas autant de bien à dire qu'en entendre ? (« goulokonokou »)

Philippe Sahuc Saüc

pour toute réaction, tout contact : helipsahuc@wanadoo.fr

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 19:41

1er fond sonore

(sabot pris en carcarau) hillet – roulements du sabot au sol

hmmc hmmc hmmko hmmc hmmc hmmcòp

Un còp i abia ua vath, ua vath pregona ena enc, ena encontrada Consoranorum

Ecce incipit, ecce situs

Vath que vath per minjar morisco, milhet, bladeta

reprise du fond avec juste minjat, minjat et beu e

beure suc de saüquet passat suc d'abajous passat

Casus bammali casus ad bonum exemplum dare

reprise du fond sonore avec des dar-dar-dar

Dure que dure la vie élevée là

reprise du fond sonore intégrant des Roch, des ner, des monts, des bath...

2ème fond sonore

tahta shams tahta shejara anti jamila (5 fois)

Elsémagh-ben-Malik-Elhoulani qal Consoranorum...

Un còp i abia ena vath pregona ena encontrada Consoranorum ua joena hilha, tan berra mès de vida tan negra que s'apelava 'Sclarelys

Atala, Frair Pierrès, atala...

Qu'elle soit grande, on dit que certaines femmes de certains vaux le son

reprise douce vos leçons, vos leçons...

Sclar anti antim antim Itimad Itimad... (laisse entendre en murmurant les paroles en arabe) Li al-Motamid

A sent-Andreu se dit la nieu... al mid'amou se dit l'amour a si re sonh sonh pas alleu

reprise du fond sonore avec :

la nostr'amor val enaissi – per vos totz lo cors mi dol – com la branca de l'albespi – Ab dezirada companha – ala fontana del vergier – e vi, dejos un albespi

3ème fond sonore

ssss- essss- essssc- essssccc- essscl- essscclll- op

main de nerf main de vil air

trabalha com'un sarraji et poli avec ça

cigal cigal cigal

ner et air et bnmalaimant

reprise du fond sonore en introduisant en murmurant avec alternance trompeuse :

benaimant, malaimant

le temps des cerises, le temps des rixes

c'resas c'resas, l'ai vista era bestia de tres caps

Prunus cerasus equus triceps imago illusio ?

reprise du fond sonore en introduisant :

es-amt es-alam esc-lip esc-lap escl-epios esc-culape op-é ja comprès

malaiment benaimant

esclopunta replegada

Aquera garia qu'es dolenta com'u gat martre

cataclop cataclop cataclop... esclop ?

Clap de fin !

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 19:36

Shall we love trees as others love truth ? Or, maybe between two...

Temo...

Tes mots...

Entendue d'une oreille franco-mandingue, la vérité de l'écriture est peut-être là : tout mot est un entre-deux, ce que dit temo en mandinkan.

Fiché entre deux, serrés comme en un intérieur... Dentro... ça, c'est du castillan !

De quoi tromper son monde si l'on lit « dendro », qui viendrait du grec δενδρον, l'arbre. La dendrophilie serait l'amour des arbres ?

Et la dentrophilie, possible invention carambolingienne, serait l'amour de l'entre-deux serré, de toutes ces bifurcations de sens que permet la possibilité d'entendre un même agencement de sons comme mot d'une langue ou bien d'une autre...

Il gioco, basta ?

Tragediente ? Ecco...

https://youtu.be/wEmFcwjbNKI

La performance scénique dont est issue cette vidéo est un entrelacement de quatre langues (gascon, latin, français, arabe) qui tente de donner une autre perspective que le pur récit linéaire d'une légende pyrénéenne qu'on peut sommairement résumer par la vengeance d'un promis de proximité (pyrénéen, comme la promise) à l'égard d'un séducteur lointain (africain... un sarraji !)

Histoire d'une rencontre entre France et Afrique donc (voir texte en page de ce blog)...

Une série d'autres tels entre-deux peut se débusquer dans des formes de littérature où la négritude s'est exprimée en reprenant des jeux de contraintes (en les transformant parfois) qui s'étaient surtout pratiqués en Europe jusque là, ainsi la poésie de Léopold Sedar Senghor, où j'ai un peu flâné ces derniers jours...

Le poète, comme d'autres ailleurs, reprend parfois une expression du quotidien dans ses textes... Ainsi « Ndêissane ! »... Qui a pu passer quelque temps dans un quartier populaire de Dakar, de Thiès ou de Ndar/st-Louis sans enregistrer cette exclamation, souvent féminine ? Jusque là, elle m'avait semblé être assez directement une invocation à la mère et donc l'équivalent des européens « maman ! », « madre mia », « boy mamay ! »... Or, une note insérée dans les œuvres de Senghor (Planète libre / CNRS éditions) lui donne comme équivalent « pecaire », un équivalent occitan évoquant plus la pitié pour le pécheur que la protection de la mère...

Voir écrite une langue qu'on a parfois parlée fait faire des découvertes car la mise par écrit oblige notamment à formuler des onomatopées dont les règles d'élaboration n'ont parfois rien à voir avec les règles habituelles de la langue. Lisant chez Senghor banakh, j'ai d'abord cru qu'il était question d'un four en abrégé (le fameux banaksuf prôné par l'USAID et d'autres ONG dans les brousses d'Afrique de l'ouest au cours des années quatre-vingt notamment) et puis j'ai découvert qu'il s'agissait d'une onomatopée qui pour la langue wolof serait équivalent à smack, mwouak... baiser !

Imaginaire des langues et imaginaire de l'Autre !... Quand Senghor veut évoquer un pays septentrional, il l'appelle Belborg. C'est donc l'équivalent de Boungawa, Kuwa, Nambutu, Wadiya, lorsque des imaginations d'Europe ou d'Amérique se projettent en Afrique...

Pour finir, Senghor m'a révélé la wolofité (Carambolingue ne recule devant aucun sacrifice de forge- néologisme) d'un mot. Eh oui, on peut entendre pendant des années parler de « cram-cram » dans les campagnes d'Aquitaine à propos du gaillet gratteron par exemple et imaginer un terme vernaculaire, peut-être une onomatopée, voire un mot d'enfant qui aurait persisté, puis se rendre compte qu'il s'agit du nom wolof d'une plante africaine, khamkham, s'accrochant comme l'autre au tissu, un nom colporté sans doute par une ancienne génération de voyageurs européens au Sénégal...

Alors, les langues, on est contre ? Tout contre... y más, dentro !

Philippe Sahuc Saüc

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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 20:12

Voici un Carambolingue toujours sans vidéo pour cause de service minimum informatique en sa fabrique, sans image et sans son, silencieux donc comme le décembre enneigé que nous n'avons présentement pas à hauteur du 45 ème parallèle nord...

Il est donc plaisant de l'imaginer, imaginer autour de nous une épaisseur feutrée atténuant les sons et invitant à reporter toute notre attention sur les traces imprimées...

Ne nous privons pas pour autant de renverser ce que la télévision nous serine à cette saison, quelle qu'en soit la couleur, et proposons-nous :

Let it snoop, let it snoop, let it snoop...

à partir de là que les furets, que les très fu, furètent...

Qu'ils furètent, pourquoi pas, le long du...

binario ?

Après tout, c'est à partir des réseaux ferrés qu'Umberto Eco (Lector in fabula, 1979) nous invite à imaginer les embranchements de compréhension qui s'offrent à des lecteurs munis d'encyclopédies différentes...

Milan--Florence--Empoli--Sienne ou Milan--Florence--Terontola--Chiusi--Sienne ?

Dans mon encyclopédie carambolingienne mais en même temps toute personnelle, les deux trajets évoquent des choses bien différentes, pour ne pas dire opposées...

Dès que je lis Empoli, je désitalianise le nom pour passer par l'occitan En polit qui désignerait un domaine joli tout en me rappelant que le mot italien proche de polit, pulito, désigne la propreté. Bref, passer par Empoli serait pour moi gage d'une ouverture, d'une potentialité de passer d'une langue à l'autre. Alors que, de l'autre côté, je sais assez d'italien pour que Chiusi m'évoque des fermetures...

Binario = bi-narro ? il est vrai que les deux rails me racontent des histoires forts différentes...

Qu'en est-il de la diversité d'itinéraires qu'emprunta Babur, au tout début du XVIème siècle, pour aller de Kaboul à Herat, dans le Khorasan ? Certes il ne suffisait pas de suivre des rails...

Kaboul--Ghorband--Chïbartu--Herat ou Kaboul--Gardïz--montagnes de Maydan-ï-Rustam--Herat ?

Dans un premier temps, l'encyclopédie attache à Kaboul, point de départ, les références de violence qu'une actualité récente y a imprimées... Dommage d'oublier qu'il y a eu à Kaboul, au temps de Babur, un palais des vergers ! Quant au Khorasan, à l'inverse, mon encyclopédie le rattache d'emblée aux Mille nuits et une nuit et je n'ai aucun mal à imaginer son jardin neuf, son jardin blanc... Reste la suggestive évocation de montagnes pour l'un des trajets, encore plus suggestive en voyant les formes de l'écriture baburï (ah, dommage de ne pouvoir actuellement inclure ici d'images...) dont certaines pointent de larges triangles vers le haut et pas seulement des dômes ou des flèches comme l'écriture arabe...

Faut-il donc des évocations lointaines pour que nos encyclopédies personnelles nous fassent dérailler ?

Eh bien non, Jacques Brel m'en a fourni un beau cas, lui qui me serine Marieke depuis que j'ai dans les dix-sept ans.

Zonder liefde--Warme liefde--Waait de wind--De stomme wind--Weent de zee--De grijze zee, un trajet ?

Pendant des années, habitué des trajets en train régional et notamment de ces trajets de région parisienne où s'égrènent des noms de gare à une variante près (Nanterre ville--Nanterre université ; Massy Verrières--Massy Palaiseau ; Plaisir les Clayes--Plaisir Grignon), j'ai cru que Brel égrenait les noms de gare de Bruges à Gand. Je trouvais cette énumération très poétique et, porteur d'une encyclopédie géographiquement sommaire mais assez fournie en connaissance de l'ensemble des chansons de Brel, j'y ai entendu le vent du nord, senti annoncé les dunes, entendu aussi les roulements des vagues de la Mer du nord... Ce n'est qu'aujourd'hui que, découvrant une traduction de la chanson en anglais, j'ai compris qu'il y était directement question d'amour, de vent, de mer... Dire que, sans me référer directement à Carmen, j'ai associé pendant longtemps liefde, l'amour flamand, à "gare"...

Amour, prends gare d'à toi ! En Khorasan, d'ailleurs... Adesso chiuso !

Philippe Sahuc Saüc

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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 12:05

Is there really such a European political organization ?

Ou bien serait-ce un terme de langue agglutinante ? Peut-être une noveurolangue qui tenterait de saisir en un mot toutes les désinences qui font parti en Europe...

Sauf qu'une fois qu'on est de parti pris, on est soumis à être déconsidéré puisqu'il s'agit d'un terme à peu près équivalent à avoir des préjugés...

Bias ?

Inclinaciòn ?

Vorliebe ?

Partito preso ?

Parcialidade ?

Autant de façons de le dire en quelques langues européennes qui, dès la première vue, offrent des passerelles permettant de passer de l'une à l'autre : un certain travers qui amènerait à un certain penchant, qui amènerait tout autant à du pré-amour qu'à du pré-jugé, à donner un prix particulier (prix et non pris ?) et à voir vraiment midi à sa porte, sans avoir besoin d'alidade, instrument à mesurer les angles...

Un certain Yanko Tsvetkov s'est lancé dans la cartographie des préjugés qui pouvaient exister dans un certain pays sur les autres. J'ai eu l'occasion d'en consulter la version en français, où sont donc traduites en français et reportées sur des cartes d'Europe les visions des habitants d'un pays par ceux d'un autre, voire la vision du pays lui-même (camp de..., parc de..., zone...) par les habitants (parfois fréquenteurs) d'un autre pays...

Carambolingue a eu envie d'y greffer le moment de transfert linguistique qui pourrait exister si les habitants de tel pays étaient amener à exprimer (Carambolingue, par commodité a plutôt imaginé une expression écrite) leurs préjugés aux habitants de l'autre pays, celui sur lequel ils portent...

Premier exemple, les habitants des Pays-Bas pré-jugeraient ceux de Finlande d'ennuyeux, ce qui pourrait se dire saai en leur langue. Or, cela ne peut s'entendre directement en finnois. Mais ayant recours aux actuels dictionnaires en ligne, saai renvoie à trois mots de finnois qui lui proches, saali, saari, saavi et qui désignent la cape, l'île, la cuve. Ainsi, plutôt que par l'ennui, qui peut difficilement être rendu positif (encore qu'il puisse être une forme de vacuité d'appel à la création), c'est par une façon de s'habiller effectivement fréquente par temps de froid, ou bien par une forme géographique qui n'est celle de la Scandinavie que vue justement du sud-ouest, ou bien par un récipient de conservation qui certes va demander des interprétations de second niveau que les Finlandais se sentiraient pré-jugés, donc pas si mal jugés que cela en somme, vive la diversité des langues !

Mais voilà qu'un second exemple vient compromettre le premier dans l'étayage de l'idéologie carambolingienne plurilingo-positivante... Les Serbes verraient les Britanniques comme des américains chics, ce qui paraît plutôt flatteur. Or, chic peut se dire stilski en serbe. Imaginons maintenant le texte où il apparaît, vite rétabli en stilsky pour faire non continental, lu par un vieux lord, n'ayant jamais voulu troquer son monocle contre un auxiliaire de vision plus efficace, abusant de plus de certaines boissons qui peuvent troubler la vue... eh bien une danse à deux des lettres médianes pourrait bien conduire à lire stinky plutôt que stilsky. Comment ce caractère malodorant pourrait-il être reçu comme un compliment ?

A l'égard de ce qu'offre la diversité des langues, soyons donc...

Without bias ?

Ohne Vorliebe ?

Sin inclinaciòn ?

... et pourtant tordus d'amour !

Philippe Sahuc Saüc

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16 décembre 2015 3 16 /12 /décembre /2015 17:01

Les sociologues Elias et Dunning, dans leur étude sur le sport publiée en 1986, se sont essayé à une décomposition du temps de vie alloué à la satisfaction des besoins aussi divers qu'alimentaires, sociaux, etc.

Or, on peut se dire que les besoins eux-mêmes, sans parler du temps consacré à les satisfaire, varient selon les époques et les formes successives de la "civilisation" (le travail principal de Norbert Elias porte sur le processus de civilisation).

La recrudescence récente de l'importance donnée aux relations familiales et les nouvelles formes de festivité domestique font qu'un nouveau besoin a pris de l'importance : l'organisation de certains événements familiaux (mariages, anniversaires, retrouvailles, etc.).

Evidemment, dans un contexte d'études exigeantes, d'un côté le temps alloué à ce besoin paraît entamer le temps destiné à l'étude et donc semble un facteur défavorable ou entamer le temps d'activités de défoulement, autre facteur défavorable potentiel. Mais en soi, avoir satisfait un besoin qui aurait pris une grande importance sociale et serait donc directement connecté à l'estime de soi, pourrait représenter un facteur favorable...

Enquêteur qui sent que la société bouge...

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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 16:06

What would be the most teasing ? A secret known only by the narrator ? Secrets known by the listeners ? A secret known thanks to the meeting of narrator and listeners ?

Dans Lector in fabula (1979), Umberto Eco parle des propriétés narcotisées d'une certaine dénomination...

Lector in fabula... Auctor in Buffalo ?

Les propriétés narcotisées d'un "homme" feraient que, quand on lit "homme", on laisse en sommeil toutes les propriétés anatomiques potentielles dudit homo erectus, faber, etc. Jusqu'à ce qu'on lise "il lève la main" et qu'on se rende compte qu'on avait été un lecteur ou une lectrice (soucieuse peut-être de savoir si on n'aurait pas dû dire humain plutôt qu'homme) préparé à ce type d'action par la connaissance anatomique narcotisée...

Et si les propriétés narcotisées dépendaient des langues habituelles... Lector in f'lab-linguarum ?

Allez, Carambolingue va tenter de l'Eco-développement...

A la première page de son roman La rôtisserie de la Reine Pédauque, Anatole France nous glisse "j'ai connu un kabbaliste gascon..." puis nous laisse narcotiser...

La version préalable de son roman aurait porté comme titre La rôtisserie du Chapon d'or et non de la Reine Pédauque. Autant dire que les propriétés du kabbaliste gascon éveillées de la narcose n'aurait pas du tout été les mêmes pour quelqu'un comme moi, ayant traîné au long des bribes d'une légende possiblement toulousaine d'une reine possiblement wisigothe, possiblement lépreuse et barbotant possiblement quotidiennement au long d'un aqueduc franchissant Garonne, c'est-à-dire passant incessamment de Languedoc à Gascogne, sans besoin de cabal... Alors qu'en note de l'édition de La Pléïade, la reine aux pieds palmés est uniquement référée à de pieuses histoires contées sur vitrail à Troyes, Dijon, Nevers et serait l'une des Berthe de l'histoire de France...

Que dire alors du nom du maître du narrateur du roman, l'abbé Co(i)gnard ?

A peu de choses près, pour une génération de lecteurs et lectrices qui n'est plus tout à fait la mienne, le nom évoque sans doute un sport palpitant...

Hey, Harry, come on and have a Quidditch game !... but with a bludger !

Et si l'histoire était plus orientale ? On en connaît ainsi qui, mille nuits et une nuit durant vous mènent quelque part vers la Perse, par exemple la ville de Téhéran...

Teeran ?

Pour quelqu'un qui a appris à parler ou réappris à parler (mon cas) du côté de Netebulu, il s'agit de la hache.

Qu'on ne s'étonne pas alors si découvrant cette semaine une vue panoramique de la ville de Téhéran, je ne me montrai guère surpris d'y apercevoir, entre les constructions, tant de cimes d'arbres...

Ko teeran, yiro be nala !

En d'autres termes, souhaitons-nous de la Perse pour réchauffer nos grandes nuits...

Philippe Sahuc Saüc

pour toute réaction, tout contact : helipsahuc@wanadoo.fr

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