That's a tune, what could be called always the same old story, better called ritornello...
La ritournelle est en effet un refrain qui reprend même mélodie et mêmes paroles.
¡ Oye! querido lector, querida lectora, pero tanbien querido auditor, querida auditora... se puede oir la cantinela ?
pour MexiMujer
La contributrice de la semaine, qui restera sous un prudent anonymat, soulève l'éternelle dissymétrie de la place des femmes et de celle des hommes, ici au Mexique. Le preneur de son a donc perçu son intention par la récurrente matrice "mujeres.... varones", il lui a juste fallu le temps de capter l'intégralité d'un moment de texte comportant les deux extrémités requises et qui n'est donc pas une véritable ritournelle puisque seules les deux bornes "las mujeres", "los varones" en sont immuables, tant la dissymétrie des positions de genre est de formes multiples mais de résultante immuable...
Toutefois, mon goût non moins immuable pour la rencontre des langues à partir des échos de sonorité m'a fait aller avec bonheur vers la langue russe, ce qui m'a obligé à revoir un point trop vaguement retenu d'un apprentissage ancien.
Dans un premier temps, j'ai donc décliné les chaudes qualités du mohair (la prononciation de мохер en russe me paraissant très proche de celle de mujer en espagnol), trouvant intéressant qu'un pur jeu d'assonance interlinguistique amène à ces qualités aujourd'hui résumées en caring et qui justifient bien souvent le cantonnement des femmes à des positions subalternes tout en les glorifiant pour cela. J'ai par ailleurs affirmé par un adjectif choisi volontairement long (pour augmenter l'effet de suspension avant la fin de la ritournelle) le caractère imposant du grand corbeau (il m'a en effet semblé que la prononciation de ворон, le grand corbeau en russe, se rapprochait de celle de varon en espagnol).
L'adjectif attribut peut avoir, en russe, une forme courte et une forme longue. L'enseignement de langue russe que j'ai jadis reçu (et je reste reconnaissant vis-à-vis de Tатъяна Aлфеёва pour tout ce qu'elle m'a appris) m'a laissé l'idée d'une obligation d'emploi de telle ou telle forme selon l'adjectif utilisé. La participation de Sébastien Saudreau aux Dialogues interlinguistiques (Sorbonne 2008, qu'il en soit ici remercié) permet de rétablir des éléments d'évolution d'une langue et des choix qui se présentent à ses locuteurs...
Il m'apprend d'abord que, d'un point de vue traditionnel, je devrais bel et bien employer la forme courte si je voulais suggérer des caractéristiques permanentes. Il vaudrait mieux alors quitter mes images phoniques du mohair et du corbeau, auxquelles ne peuvent s'associer que de fugitives sensations, et reprendre les termes de femme et d'homme, quitte à suggérer par l'italique que je reprends en russe des termes tels qu'ils se prononcent en espagnol :
мухер горяча, пылка, тёпла ; представительн вaрон.
Le passage retour de mohair à femme me fait rétablir un féminin pour la première série d'adjectifs, ce qui est satisfaisant, vu que l'inspiration de départ repose sur une opposition de genre !
Or, Sébastien Saudreau nous apprend par ailleurs que dans la pratique moderne de la langue, le choix de la forme courte signifie l'implication particulière de l'énonciateur. Je peux alors marquer un genre de choix militant et, m'engageant pour la cause féministe, je reprends définitivement les termes consacrés de la langue russe pour dire femme et homme et construire ce qui pourrait être mon slogan d'envoi d'un genre nouveau, composé et plurilingue :
женщина горяча, пылка, тёпла ; представительн мужчина...
... Frauen aller Länder, varonigt* euch !
Philippe Sahuc Saüc
* vereinigt euch dans la formule originale, Karl Marx, Friedrich Engels, 1848
PS : la relecture finale de ce texte fait apparaître une confusion liée au "v" espagnol prononcé "b". Ainsi mon rapprochement entre le mot espagnol et le mot russe est tout autant homographique qu'homophonique. D'ailleurs, une pure homographie aurait pu me faire aller vers le varon français, qui est une maladie de la faune sauvage. Mais, rapprocher le mal et le mâle, il ne faut tout de même pas exagérer !