Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 09:43

That's a tune, what could be called always the same old story, better called ritornello...

La ritournelle est en effet un refrain qui reprend même mélodie et mêmes paroles.

¡ Oye! querido lector, querida lectora, pero tanbien querido auditor, querida auditora... se puede oir la cantinela ?

http://youtu.be/BJu-xHE2m0c

pour MexiMujer    

La contributrice de la semaine, qui restera sous un prudent anonymat, soulève l'éternelle dissymétrie de la place des femmes et de celle des hommes, ici au Mexique. Le preneur de son a donc perçu son intention par la récurrente matrice "mujeres.... varones", il lui a juste fallu le temps de capter l'intégralité d'un moment de texte comportant les deux extrémités requises et qui n'est donc pas une véritable ritournelle puisque seules les deux bornes "las mujeres", "los varones" en sont immuables, tant la dissymétrie des positions de genre est de formes multiples mais de résultante immuable...

Toutefois, mon goût non moins immuable pour la rencontre des langues à partir des échos de sonorité m'a fait aller avec bonheur vers la langue russe, ce qui m'a obligé à revoir un point trop vaguement retenu d'un apprentissage ancien.

Dans un premier temps, j'ai donc décliné les chaudes qualités du mohair (la prononciation de мохер en russe me paraissant très proche de celle de mujer en espagnol), trouvant intéressant  qu'un pur jeu d'assonance interlinguistique amène à ces qualités aujourd'hui résumées en caring et qui justifient bien souvent le cantonnement des femmes à des positions subalternes tout en les glorifiant pour cela. J'ai par ailleurs affirmé par un adjectif choisi volontairement long (pour augmenter l'effet de suspension avant la fin de la ritournelle) le caractère imposant du grand corbeau (il m'a en effet semblé que la prononciation de ворон, le grand corbeau en russe, se rapprochait de celle de varon en espagnol).

L'adjectif attribut peut avoir, en russe, une forme courte et une forme longue. L'enseignement de langue russe que j'ai jadis reçu (et je reste reconnaissant vis-à-vis de Tатъяна Aлфеёва pour tout ce qu'elle m'a appris) m'a laissé l'idée d'une obligation d'emploi de telle ou telle forme selon l'adjectif utilisé. La participation de Sébastien Saudreau aux Dialogues interlinguistiques (Sorbonne 2008, qu'il en soit ici remercié) permet de rétablir des éléments d'évolution d'une langue et des choix qui se présentent à ses locuteurs...

Il m'apprend d'abord que, d'un point de vue traditionnel, je devrais bel et bien employer la forme courte si je voulais suggérer des caractéristiques permanentes. Il vaudrait mieux alors quitter mes images phoniques du mohair et du corbeau, auxquelles ne peuvent s'associer que de fugitives sensations, et reprendre les termes de femme et d'homme, quitte à suggérer par l'italique que je reprends en russe des termes tels qu'ils se prononcent en espagnol :

мухер горяча, пылка, тёпла ; представительн вaрон.

Le passage retour de mohair à femme me fait rétablir un féminin pour la première série d'adjectifs, ce qui est satisfaisant, vu que l'inspiration de départ repose sur une opposition de genre !

Or, Sébastien Saudreau nous apprend par ailleurs que dans la pratique moderne de la langue, le choix de la forme courte signifie l'implication particulière de l'énonciateur. Je peux alors marquer un genre de choix militant et, m'engageant pour la cause féministe, je reprends définitivement les termes consacrés de la langue russe pour dire femme et homme et construire ce qui pourrait être mon slogan d'envoi d'un genre nouveau, composé et plurilingue  :

женщина горяча, пылка, тёпла ; представительн мужчина...

... Frauen aller Länder, varonigt* euch !

Philippe Sahuc Saüc

 

* vereinigt euch dans la formule originale, Karl Marx, Friedrich Engels, 1848

PS : la relecture finale de ce texte fait apparaître une confusion liée  au "v" espagnol prononcé "b". Ainsi mon rapprochement entre le mot espagnol et le mot russe est tout autant homographique qu'homophonique. D'ailleurs, une pure homographie aurait pu me faire aller vers le varon français, qui est une maladie de la faune sauvage. Mais, rapprocher le mal et le mâle, il ne faut tout de même pas exagérer !

 

 

 

 

Par carambolingue.over-blog.com
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 11:11

"Stone soup" is an old folk story showing how to prepare an actual soup with vegetables, herbs and meat when you have only a stone but when you are cunning and able to find collaboration...

Manger avec un lance-pierre is a French way to say that you have to eat very quickly...

Sometimes, we could say that Carambolingue prepares kinds of Stone litterature... And today it will deal with eating, drinking and speed, without being sponsorized by McDonald's, promised...

Soupe au caillou, zuppa di pietre, sopa das piedras, supa de piatră, sopa de piedra... En lien avec le fameux conte populaire, parfois avec un mode sophistiqué de cuisson où une pierre tournant pendant que l'eau bout écraserait les légumes, voire simplement une façon de caractériser le genre de soupe que certaines grand-mères appelaient "soupe de restes", autrement dit celle qu'on trouve toujours à faire, même s'il faut râler les cailloux pour cela. Comme tel qui essaie d'alimenter son blog toutes les semaines...

Mès que cal demorar parlar de sopa o de sopeta, quand lo temps se fa bric...

http://youtu.be/KQUaFOuwQy8

pourChobistro    

La contributrice de la semaine a voulu faire un rapprochement entre deux situations où la rapidité est associée au fait de boire...

Les paroles évoquent une situation de nécessité de manger vite, ce qui, au Maghreb au moins, aiguille vers la soupe, le vocabulaire lui-même pour désigner la soupe, de Tunisie au Maroc en tout cas, gardant race de l'idée de rapidité...

La soupière choisie sur l'image, rouge à parements noirs, posée sur un supposé chauffe-plat blanc et surmontée d'un hausse-bouton noir est censée évoquer l'uniforme des soldats russes qui auraient été à l'origine du mot bistrot en réclamant à boire, vite, vite !... ce qui se dit effectivement ainsi en langue russe. Légende ou étymologie réelle du mot bistrot ? Dans l'esprit carambolingien, l'essentiel est qu'il se produit ici une rencontre entre deux langues...

Rapidité donc et pourtant, parfois, il faut bien de la patience à qui essaie de passer d'une langue à une autre. Tenez, faites à votre tour l'expérience que j'ai faite hier... Demandez à quelqu'un dont c'est la langue maternelle (ou en tout cas d'école primaire) comment on dit blé en arabe littéraire...

Dans mon cas, j'ai surtout été d'abord attentif à l'aspiration finale, inhabituelle dans la plupart des langues que je parle et que je me suis attaché à reproduire. La grimace de mon interlocutrice m'a montré qu'il y avait pourtant problème. Celui-ci était au début. Elle a répété mais, trop obnubilé par les sons aspirés, j'ai encadré le mot de deux aspirations. Cela ne convenait toujours pas. Il a alors fallu que le son initial me soit prononcé à part pour que je l'identifie et que je retrouve la particularité connue de la langue arabe de faire prononcer certains sons avec l'arrière-gorge.

A la quatrième tentative, il paraît que ce n'était pas trop mal...

قمح  qaf, mim ha ?

Je vous en souhaite beaucoup !

Philippe Sahuc Saüc

Par carambolingue.over-blog.com
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 12 mai 2012 6 12 /05 /Mai /2012 15:35

Indeed, P.O.E. (Edgar...) may be very "way giver", as such expressed in a mix of English, Russian and Occitan...

кoнечно, сказки ! a слова тоже...

De mot a mot, de lenga a lenga, que n'i a tot un camin !

Un point de départ, parmi d'autres : A descent into the Maelström, Edgar Allan Poe, 1841.

Une méthode, universitairement déconseillée : à chaque étape, un coup de wikipedia et une goulée d'imagination plurilingue...

maelstrom, ou encore maëlstrom, ou encore maelström, plus vraisemblablement car : viendrait du danois malstrøm ou male signifierait tourner, dérivé d'un male signifiant moudre, d'une racine indo-européenne ayant donné en français meule et moulin...

Evoque irrésistiblement le vers de Rimbaud : le rut des Béhémots et les maelstroms épais... où béhémot amène à évoquer de l'hébreu (בהמות) ou de l'arabe avec deux formes بهيموث  ou بهموت

Il est intéressant de savoir qu'en hébreu, le terme biblique a été obtenu par la forme plurielle (pluralis excellentiae, comme pour désigner Dieu dans la Bible) d'un mot désignant le bétail...

En somme, pour sortir du maelström, peut-être faudrait-il savoir inviter le bateau ivre à vivre entre moulin et troupeau le reste de son âge... Ce qui n'empêche de garder belle allure. Après tout, cette descente dans le maelstrom, c'est Beau de l'air qui l'a traduite et Va l'air I qui l'a vantée... 

Mais il arrive que le chemin comporte des embûches...

La vidéo de la semaine, envoyée comme d'habitude par un fidèle lecteur, évoque un peu cela...

http://youtu.be/TkRlmaRVDpo

pour GapRATraP

Le réalisateur y fait figurer la représentation de deux langues, dictionnaire d'allemand et méthode d'apprentissage du basque. Il fait circuler entre leurs deux bordures -certes plus obliques que le quai du métro !, porteuse d'un fanal, une bicyclette vietnamienne, d'un de ces pays donc d'où l'on est beaucoup parti ces dernières années, expérimenter, entre autres, les difficultés de passage d'une langue à l'autre. On entend en fond une annonce enregistrée dans le métro parisien. Elle invite précisément à faire attention à la marche. Elle le fait en français, anglais, espagnol, allemand, japonais.

A vous de juger si les annonces sont équivalentes. De l'avis d'une fidèle auditrice (de la langue japonaise), c'est seulement en japonais que la jambe du voyageur, de la voyageuse est évoquée...

Speak several languages and break a leg !

Philippe Sahuc Saüc

Par carambolingue.over-blog.com
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 13:47

In English, a tap allows something to flow... Could be languages, as in this blog. Sometimes, to catch some ways of speaking, you have to open the tap of ages...

En català, un tap d'ampolla se fa amb al suro, una marga de fuet se fa amb al lladonet...

http://youtu.be/lwtJT4r6C8A

pour BruitsdACD

Il peut arriver qu'un homme adulte écoute la voix enregistrée de son grand-père. Dans l'obscurité de la mémoire, la voix chante, en occitan, une chanson paillarde puis reprend, en catalan, les harangues des vendeuses d'anchois de Perpignan. Le bouton d'arrêt du magnétophone claque comme un fouet. L'homme qui réécoute son grand-père a alors envie de représenter des bouts de phrase comme s'ils s'écrivaient dans l'arabesque instantanée de la mèche du fouet. Il se rappelle aussi que son grand-père disait souvent que le bois à faire les bouchons était le liège et que celui à faire les manches de fouet était le micocoulier. Il disait, en catalan :

Un tap d'ampolla se fa amb al suro, una marga de fuet se fa amb al lladonet...

Ce même grand-père, ayant toujours parlé entre français, catalan, occitan, aurait compris le cri d'arrêt des boeufs à Dolenjska, Slovénie : "Bohô... bohô !" (revue Ethnozootechnie N°84, 2008, p. 57, article d'Inja Smerdel), puisque buòu, prononcé presque pareil, est le boeuf en occitan.

La même revue d'Ethnozootechnie renvoie, p.38, au site http://www.booka-equitation.com, où l'on apprend que le véritable fouet de Perpignan a une mêche en cuir chromé tressé de 1m50 et un manche en micocoulier torsadé de 40 cm de long. Ah, si la langue devait être ainsi façonnée pour bien parler !

En tout cas, les langues se rencontrent par la façon dont elles d'adressent aux animaux de travail. Ainsi, p.47 de la même revue, Philippe Kuhlman, maître bouvier à l'écomusée d'Alsace, fait remarquer que "kom sèsèsèèèèèèèèè" des Vosges joue sur des sons comparables au "véé véé véé" du Massif central, dans les deux cas pour faire démarrer et stimuler les animaux.

Ces recherches peuvent mener loin dans le temps puisque, p.52, sont retrouvés des noms de boeufs encore utilisés en Slovénie et apparaissant déjà dans l'Iliade : Kerano, κελαινός, de couleur noire ; un certain wonoqoso dérivé d'οινοψ, couleur du vin chez les Mycéniens ; Kosouto, Ξοῦθος, de couleur jaune brunâtre...

Mais aussi aller loin dans les plaines, puisque, à partir de la page 108, Alain Desjacques, partage ce qu'il a collecté entre humains et animaux de Mongolie. Au passage, il emploie un mot qui fera plaisir à ceux qui regrettent la mise en oubli cyclique de pans entiers des dictionnaires : huchement.

Grâce à lui, je trouve pour vous une formule finale censée calmer et stimuler à la fois et surtout stimuler à une mise en route collective :

оок чу шшш + Clap de fin

Philippe Sahuc Saüc

 

Par carambolingue.over-blog.com
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 14:39

Sliding on the keyboard to musical directions :

glissando da riprodurre patetico ma non troppo, affetuoso con anima, molto più guiocoso scherzando...

Glissant Edouard y reconnaîtrait-il l'esprit de son Tout-monde (Gallimard, 1993) ?

C'est à la page 316 qu'il m'a semblé en tout cas percevoir l'écho le plus net entre cet esprit et l'esprit Carambolingue :

"L'avion a mélangé les langues, te voici là en présence de toutes les langues du monde, il faudra que tu déboussoles mollement celle que tu pratiques, vous ne pouvez pas la laisser trotter aussi mollement à saturation, et si tu disposes d'une autre langue non pas en réserve mais dans la ressource de ta vie, alors vous convoquez le choc, l'éclat mais d'en dessous, la chatoyance sans affichat, où l'une par l'autre ces langues se révèlent à elles-mêmes et au monde qu'elles vivent."

Aussi, pour vivre ce monde, en saisissant la moindre occasion, tout dernièrement en rencontrant Jean-Claude, venu de la même île qu'Edouard Glissant, la Martinique, j'ai proposé du thé, ce qu'il a bientôt récapitulé en créole (j'avais parlé de thé, mais où était donc le thé ?...). Ma connaissance de quelques langues d'Afrique y a trouvé deux échos :

. adin nte, maninga kaŋ... où il est question de donner

. attaïa, ti wolof... où il est tout simplement question du thé...

http://youtu.be/seVyghnld_c

pour CréolThé

Aux pages 470-471, Glissant évoque directement un exercice de transcription entre langue française et une langue africaine qui n'est pas directement désignée mais, "parlée en Côte-d'Ivoire ou par là-bas", me paraît être du jula, langue cousine du maninga, ce qui me permet de me greffer dans le jeu de transcription...

Essayant d'oublier ce que j'ai lu en jula, je refais le passage suivant :

Il faut marcher sur les Eaux, I ka taamala djio ka,

oui sur les Eaux immenses, Hade, Djiba ka,

alors tu peux encore vivre dans un pays d'Ancêtres Sayiŋ i a sii no nunto baalu ala bankoto.

Entre les deux peut s'inscrire le passage transcrit par l'étudiant ivoirien ou le supposé tel :

Ni tamannan dji konon

Ni dji seri disi kan

Ni temenan badji konon, ni temenan

Kekodji konon

I ba segii djamananbala

Ka t'i, da i monkéou kéréfé.

Vient maintenant la transcription en retour de l'expert ou supposé tel et la mienne en vis-à-vis :

Si tu marches dans l'eau Niŋ i be taamala djio konon

Si tu prends l'eau sur ta poitrine Niŋ i be djio taala ila kan ka

Tu retourneras au grand pays I be murutaala bankobato

 Par-delà les Eaux  Djiba kooma

Te coucher à côté des Ancêtres Siiriŋ nunto baalu sinna.

On appréciera les proximités... mon écart le plus important étant certainement l'appellation des Ancêtres... Comme quoi on visite une langue par le rapport personnel qu'on a à la société qu'elle vit (pour reprendre l'expression de Glissant) !

Armonia, haro Kompass !

Philippe Sahuc Saüc

Par carambolingue.over-blog.com
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés