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22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 19:00

Would you like to compare to uncle's garden or to nephew's helmet ?

Ah, les mesures de grandeur… et de petitesse !

https://youtu.be/Lt1QSJqkulA

Ainsi, chez les Basques, c'est une inflexion de lèvres qui permet de distinguer le petit du très petit… quand il s'agit de solide ! Parce qu'en matière de liquide, la différence à l'oreille est moins subtile…

Il s'agirait donc de mesurer ?

Doze, way !

Clamer un terme ainsi, qui se veut en wolof, n'est pourtant pas « académique », si tant est que le wolof revendique une dimension académique…

Langue plastique, langue jouant souvent le jeu de la rencontre des autres langues, elle peut vous recommander, par « doze ! », aussi bien de mesurer que d'ajuster ou que, tout simplement de bien faire, en tout agrément et en toute efficacité…

Le « way », quant à lui, est là pour vous donner l'élan, il ne s'agit pas encore de l'impératif : dozal !

Un homme de la vallée du fleuve Sénégal m'avait jadis impressionné par la récurrence de son emploi du verbe « doze », « dozene », « dafa doze », « dozal »... Il avait fini par me donner l'impression que « doze » pouvait remplacer tout autre verbe. J'en avais d'abord conclu à une sorte de facilité linguistique, qui aurait consisté à laisser à l'interlocuteur la tâche de choisir le verbe précis qui conviendrait, un peu comme l'emploi parfois du verbe « machiner » en français…

Or, je me dis aujourd'hui que « doze » n'était finalement employé qu'en rapport avec une certaine qualité d'action, une action faite à la fois avec justesse et souplesse, qu'il s'agisse de manger, de parler, de creuser un trou ou d'arroser un jardin…

Cela avait peut-être valeur de catégorie d'abstraction, mais un type d'abstraction n'existant pas formellement en langue française…

Jean Paulhan, à la suite de Benda (Le clerc malgré lui) s'est intéressé à cette question de domaines d'abstraction différents d'une langue à une autre…

Il rapporte que la langue merina, parlée notamment à Madagascar, comporte des termes différents pour laver le linge, laver ses mains, laver sa figure, laver l'ensemble de son corps…

Et pas de terme général pour dire « laver », ce qui est, reconnaissons-le, une catégorie d'abstraction…

Il est vrai qu'entre laver le linge et laver son corps, maintenant en tout cas qu'on n'utilise plus guère de savon de Marseille pour la première opération, les produits ne sont pas les mêmes. Les gestes ne sont pas les mêmes (surtout si on pratique le lavage en machine) non plus. D'ailleurs, en français d'Afrique de l'ouest, on préfère dire « linger » que laver le linge...

Et pour la vie, on sait comment faire :

aduna bi, dozal way !

Philippe Sahuc Saüc

pour toute réaction, tout contact : helipsahuc@wanadoo.fr

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16 août 2016 2 16 /08 /août /2016 11:24

Could one forget oneself for a kind of travel ?

Voyage dans l'espace ou voyage alors en soi ?

Überglück und Vergessenheit von sich…

Serait-ce ainsi que Nietzsche l'a écrit, ce qu'on peut lire adans la traduction française d'Henri Thomas sous la forme : joie enivrante et oubli de soi, tel m'apparut un jour le monde ?

Le chemin en retour peine à traduire enivrer car il semble que la langue allemand réserve l'usage de betrinken au sens littéral de pouvoir en alcool jusqu'à un effet psychotrope…

Evidemment, s'agissant de Nietzsche à l'Übermensch controversé, il était tentant de traduire cette joie enivrante par une sur-joie, une Überglück

Et pour cela, s'oublier ?

L'oubli de soi mène-t-il à la joie ?

Une forme de gaieté peut-elle conduire à une forme d'oubli de soi ?

https://youtu.be/BteJdbsqCpg

Marie, contributrice de ce post, a d'abord grandi en Algérie avec la langue kabyle et, depuis des années, utilise le français au quotidien. Il peut lui arriver de douter qu'une expression qu'elle traduit spontanément ait vraiment le même sens dans les deux langues. Il semblerait en tout cas que dans le contexte d'emploi de la langue kabyle, un oubli de soi soit susceptible de générer des reproches…

Soi est-il, est-elle, selon les cas, la voie obligée ?

Et si cette voie s'avérait une aporie, pour reprendre un terme philosophique, une voie sans apparente issue ?

L'oubli de soi peut-il être le πορος ? Autrement dit la voie permettant de sortir de l'aporie…

Peut-être serait-ce là une des ressources de la μητις, une ruse, au sens du grec ancien, avec soi-même : s'oublier pour retrouver la joie parfois…

πορος qui pourrait s'écrire poros en graphie latine et ferait alors penser au poron des Catalans…

Récipient de joie ? Ah, on pourrait même y retrouver le sens premier d'enivrer quand ce pot à long bec est plein de vin…

Mais on peut aussi se rapporter à la légende d'un certain Jacques Delclos, maréchal-ferrant et contrebandier non célèbre des Pyrénées-orientales qui, buvant au poron, parvenait à imiter des chants d'oiseaux… Oublier un temps sa voix pour celle des oiseaux ?

Carambolingue a alors envie de faire un détour par le Φοῖνιξ des Grecs anciens, le Phénix, l'oiseau renaissant éternellement de ses cendres… renaître après s'être oublié ?

En ce deuxième versant de l'été où se reprend l'élan pour traverser les longues plaines qui mènent vers l'hiver, Carambolingue aurait bien l'ambition de faire ça… S'oublier un peu, oublier la voie déjà prise, la voix mainte fois entonnée pendant les mois passés… Pour renaître un peu autre !

Y per molt anys !

Philippe Sahuc Saüc

pour toute réaction, tout contact : helipsahuc@wanadoo.fr

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 17:35

Could one make obvious that a lob is their lob ?

Не наш лоб под волосами...

Comment être sûr, dans un jeu d'écriture potentiellement multilingue que « lob » est l'action d'envoi d'objet de jeu par-dessus, à la manière anglaise, et non le front russe ?

Le problème peut ressembler à ce qui s'est posé entre les villes du royaume de France (et sans doute dans tous les royaumes, voire pays un tant soit peu spacieux...), au Moyen-âge, pour savoir où avait été frappée telle pièce de monnaie... L'astuce trouvée alors a été celle du point secret. A chaque grande ville du royaume correspondait une lettre du titre principal de la monnaie. Ainsi, à une monnaie frappée à Toulouse correspondait la cinquième lettre (Jules Chalande, 1919). Lorsqu'une monnaie d'un roi Charles y était frappée, autrement dit un Carolus, sous le l, cinquième lettre, un point était frappé. Lorsque le roi était un Louis, Ludovicus, c'était sous le v...

Or, depuis que Carambolingue traque les homophones, l'ordre de fréquence des langues contributrices est le suivant : 1-français, 2-mandinkan, 3-occitan, 4-russe, 5-castillan, etc. (cela est bien sûr dû aux familiarités personnelles avec ces langues mais aussi à leur capacité de sons à partager, ce qui explique par exemple l'absence de l'anglais dans ce Top five... Donc le problème de lob/ лоб ne sera pas ici résolu, sauf justement par la distinction d'emblée faite entre écriture latine et écriture cyrillique...

Mais pour « seda », par exemple, le bouquet homophonique par excellence...

Eh bien même si seda n'était pas écrit седa, le point-trait sous la quatrième désignerait la femme à cheveux blancs russe (donc, sous son lob / лоб). Tandis que seda désignerait la soie... Como una seda ?

Maintenant, que la patalinguistique nous fasse rêver un peu, si elle peut...

Et si les langues avaient jadis été moins cloisonées qu'elles ne le sont aujord'hui ? Prises juste à la descente de la Tour de Babel, par exemple, dans un temps d'état de grâce encore... Elles auraient bien pu combiner entre elles des sur-significations secrètes, non ?...

L'idée est venue à Carambolingue à partir du rapprochement de deux mots français, marbre et arbre. Ne les sépare graphiquement qu'un m d'appoggiature, comme on dit en musique. Or, le m, ou le n d'appoggiature est la simple marque du possessif de première pesonne en mandinkan. Cette langue aurait-elle fourni au français un sens secret ? Le marbre, dans ses veines, que tout un chacun aperçoit ou pas, nous rappellerait-il la fraîche ombre des ramures d'un arbre qui un jour nous aurait particulièrement accueilli-e ?

Le wolof marque plus posément le possessif de première personne, sama. Ainsi, quand un enfant entend "il a bien fallu que ça m'arrive", n'est-il pas end roit d'imaginer l'adulte atteignant une rive émotionnellement très personnelle ?

Et le castillan offrant son mi, nous invite-t-il à considérer dans toute nuit que minuit est nôtre ?

Pour finir, hors de saison, si l'allemand propose à un lecteur profane d'euskara son sein entendu zain, celui-ci risque de prendre l'asperge, zainzuri, pour un blanc (zuri en euskara) qui n'est qu'à l'autre...

Il est vrai qu'on peut préférer les vertes... et les pas mûres !

Philippe Sahuc Saüc

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27 juillet 2016 3 27 /07 /juillet /2016 14:31

How to glider, on a very high rock ?... Rolling slightly ?

Qu'est-ce que la création ne ferait pas pour être remarquée !

Y a mai de perlas del pont al ostal de perlas que de perlas al pont...

...pour paraphraser une façon de dire toulousaine à propos de pierres, de pont et d'hôtel de pierre ! (Jules Chalande, Histoire des rues de Toulouse, 1919)

Or, on peut penser que la création, susceptible de créer des ponts ou tout au moins des passerelles entre les individus, accumule bien souvent ses perles en édifices clinquants et qui ne servent... qu'à celles et ceux qui les habiitent ?

Serait-ce cela, le baroque, dans sa dimension criticable en tout cas ? Eh bien, Carambolingue est prête à se soumettre à cette critique-là, revendiquant toutefois la licence de fouiner un peu, auparavant, pour savoir de quelle langue viendrait le mot baroque...

Le Dictionnaire mondial des images, édité en 2006 aux éditions Nouveau monde sous la direction de Laurent Gervereau, propose trois pistes :

. la première serait baroco en tant que mot artificiellement forgé par les philosophes scolastiques. Le baroque viendrait donc d'une langue purement imaginaire, pour désigner une forme de syllogisme de base, du genre : les vrais amis disent la vérité à leurs amis ; X et Y ne se disent pas la vérité ; donc X et Y ne sont pas de vrais amis. On se souvient peut-être du goût de Carambolingue pour un intraduisible de la langue wolof, laaxaan, où il était question des démarches de la famille X auprès de la famille Y, après qu'une fille de la famille Y ait été engrossée par un fils de la famille X... Mais, justement la démarche consiste là à dire la vérité... Dëgg le !

. la deuxième serait barroco en tant que mot portugais désignant soit une perle irrégulière soit un rocher escarpé, en ce deuxième sens il rejoindrait le mot castillan barrueco. Lecteurs et lectrices attentifs, vous avez sûrement constaté que Carambolingue avait déjà allègrement associé les deux... Vous n'avez pas tout de suite crié au mauvais goût... Obrigado !

. la troisième serait barocco en tant que mot toscan plus souvent trouvé sous les formes baroccolo ou barrochio, désignant un "contrat usuraire consistant à vendre à crédit une marchandise à prix élevé à celui qui avait besoin d'argent pour la raccheter ensuite à bas prix". Comme cela sent l'entourloupe et qu'il s'agit quand même de contrat, Carambolingue a préféré mettre les guillemets... Non si paga !

Après tout cela, vous serez à bon droit de penser que Carambolingue est baroque en cela qu'elle pratique parfois l'entourloupe sur les langues, qu'elle pratique plus la patalogique que la logique qu'on attend ordinairement mais espérant tout de même que dans tout ça, quelque chose brille quand même vers le haut et qu'il soit donc permis de conclure :

Ba(r)ro(c)colingue, sursum cord... e à l... 'ange !

Philippe Sahuc Saüc

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21 juillet 2016 4 21 /07 /juillet /2016 19:48

Could it be a crossroad without any traffic light ?

No trafic light but a real light traffic through the brain…

Et toujours la carlingue où Carambolingue propose d'embarquer en bi-réacteur, réacteur comme si on prononçait un mot dans une langue, plus deuxième réacteur simultané : comment si on entendait le même mot dans une autre langue...

https://youtu.be/F8viwFDBPP0

La langue bassa est parlée au Cameroun, plutôt au sud si l'on insiste vraiment pour tracer une ligne médiane divisant le pays entre plus au nord et plus au sud...

Da soso… C'est ce qu'on entend à la fin, c'est le remerciement en langue bassa, ce mot alors inattendu par Pierre, contributeur de la semaine, auquel il ne peut répliquer qu'en répétant et qui le fait rire puisque, jusque là, on ne lui a adressé de parole qu'en français…

Or, depuis le début un néophyte dans l'écoute de la langue bassa a cru entendre :

Ibil… e-bill… facture virtuelle ? Prix d'une ouverture en notre monde et à notre époque de la généralisation des droits d'entrée ?

Yip… presque yep… autrement dit « plein » en certaines langues d'une Afrique de l'ouest et plus du nord que le Cameroun...

ekuxa… un temps de silence invite même à écrire : e kuxa…Venue d'on ne sait où, la tentation d'un son mouillé fait obtenir : e кухня… En optant pour un mélange de préposition latine et de substantif russe, on a quelque chose qui vient de la cuisine… Forcément mouillé, comme une bonne sauce ?

Nian… Pour un peu, serait un tian provençal trouvant bien sa place dans la cuisine…

Mais revenons à la décomposition possible de dasoso des écoutes interlopes...

da peut être la bouche (en mandinkan)

da peut être la porte (aussi en mandinkan, où l'ouverture d'une maison est assimilée à une bouche et celle d'un visage, donc, à une porte...)

da peut être oui (au pays de кухня, autrement dit en russe)

soso peut être haricot (de nouveau en mandinkan)

so so peut être hésitation (well… in English, isn't it?)

ferme peut se dire cara...

… quand il s'agit de la bouche, en occitan

non s'entend « laa » quand il est dit en langue arabe

… et s'il est vite corrigé en hongrois, devient l'igen

et maintenant on combine pour fabriquer… cara-l'igen

Vous embarquerez-vous dans cette carlingue dont n (haine?) n'est qu'à la traîne ?

Philippe Sahuc Saüc

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 20:14

Raining cats and dogs on your head ?

Mais cela ne veut pas dire que vos yeux virent à « pique-taureau »…

« Raindrops keep falling on my head

But that doesn't mean my eyes

Will soon be turning red »

(B.J. Thomas)

« A cappriccio » est une expression musicale italienne équivalente à « en liberté »...

Aussi, en toute liberté, cherchant dans d'autres langues et pensant aux expressions françaises « à vache qui pisse », « à tombeau ouvert », « à bride abattue »…

A scatola chiusa, mystérieuse expression italienne, trouvée dans « Kant et l'ornithorynque » (Umberto Eco, 1997, traduit pour Grasset en 1999)... à boite fermée ? Comprare a scatola chiusa serait alors équivalent à l'expression « acheter chat en poche »… désuète ?… Pour une certaine génération, aurait pu être « acheter gadget en Pif » ou « acheter cadeau en Bonux »...

Auf Teufel komm raus, littéralement à en faire sortir le diable, serait équivalent à « à tombeau ouvert »…

At the drop of a hat, littéralement à la chute d'un chapeau, serait équivalent à « sans aucune hésitation » alors qu'il est toujours apparemment question de rapidité…

Pan comido, littéralement à pain mangé, serait équivalent à « les doigts dans le nez »…

Cascare a fagiolo, littéralement tomber à haricot, serait équivalent à « tomber à pic »…

в полном разгаре, littéralement à plein souffle serait équivalent à « battre son plein »

Гуськом, littéralement comme l'oie (avec la forme de déclinaison qui le fait en un mot), littéralement « en file indienne »...

Mais une expression qui paraît telle ne fonctionne pas comme ça… Il s'agit de « à brebis tondue Dieu mesure le vent ». Quand on est habitué à voir marquer la manière par « à... », on peut croire que Dieu a réellement inventé une méthode anémométrique… Pourtant il s'agit d'une pure attribution… Ah, il aurait fallu se souvenir de l'expression pourtant entendue à s'en rebattre les oreilles : « à coeur vaillant, rien d'impossible » !

Et manger à ventre plein-plein ? L'expression est nécessaire à connaître quand on est accueilli pour le moindre repas en Afrique de l'ouest, en mandinkan, en wolof, en soninke ou en pulaar...

https://youtu.be/cOvCd-Rw7PI

Ainsi est-on accueilli à humanité attentive… Ou encore à humanité attentive viendrait la question post-prandiale du ventre rempli...

Pourquoi cela vous ferait-il rire à gorge déployée ?

Carambolingue vous propose plutôt de vous exprimer à langues croisées… La lingua improvvisata va cascare à fagiolo, stessa a bocca chiusa… a capriccio !

Philippe Sahuc Saüc

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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 19:25

One for you and one for me…

Recette du don-échange-don ? Or, just tea recipe ?

Voici ce que cela peut donner dans la matière particulière des échanges linguistiques (around tea time) :

https://youtu.be/RoMb4wFvunU

Un échange d'expressions revient-il à un échange de lettres ?

Pendant longtemps, les lettres, au sens de la littérature, étaient censées se détacher des expressions courantes…

Aujourd'hui, les langues qui se parlent sont entrées en littérature.

Plus difficile à faire, faire entrer toutes les langues dans la littérature, le défi lancé par Edouard Glissant et qu'aimerait bien relever Carambolingue…

Relevé pour le moment à l'échelle du timbre-poste par rapport à la surface de l'enveloppe ?

Nous ramène donc au…

pošták ?

Postino ?

Cartero ?

Postier ? Plutôt facteur ?…

Mailman ? Or briefcarryer ?…

Briefträger !

Tel Vaclav, le contributeur tchèque de la vidéo, qui s'est prêté à cet échange à l'impromptu dans un bureau de poste de Prague, pas très loin de l'heure de fin d'après-midi, l'heure de fermeture…

Mais au fait échange…exchange ? Cambio ? Scambio ? Austausch ? výměna ?

Autrefois, en France, pour procéder aux transports et on échanges, on distinguait la poste aux lettres et la poste aux chevaux. L'une organisait le transport de missives censées restées secrètes, enfermées dans des plis, à l'époque cachetés. L'autre organisait des relais de chevaux, ces animaux qui n'avaient rien de secret sur tel continent mais dont, sur tel autre, l'ensemble qu'ils constituaient avec leurs cavaliers avaient été un si grand mystère que les Aztèques avaient forgé pour lui un concept, le maçatl (Umberto Eco, Kant et l'ornithorynque, 1997, traduit pour Grasset et 1999)…

Alors, deux individus qui se parleraient en utilisant des langues différentes tout en comprenant quelque chose l'un-e de l'autre (comprend-on jamais tout, même quand on parle la même langue?) manifesteraient-ils quelque chose de si étrange que l'ensemble constitué mériterait la forge d'un terme concept ?

Pourquoi pas cambiolingue ? Nous restera alors du ram pour y penser...

Philippe Sahuc Saüc

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 19:27

When I say hello, you say good night and… ?

Evidemment on pourrait faire plus court, en prenant l'une des langues où le mot nuit est le plus court, la langue tchèque, où cela s'écrit :

noc… et se prononce : « notss »…

Est-ce à dire, s'il y a là un rapport de forme entre signifiant et signifié, que les Tchèques ont les nuits les plus courtes ?…

… et que, pressés peut-être par une vie très active, ils en viendront bientôt à abréger leur habituel

dobrou noc

en : noc ok !

Pendant quelque temps, comme cela se produit en cas de nouveauté verbale, la personne qui souhaitera ainsi cherchera peut-être à s'assurer de la bonne compréhension de son interlocuteur ou interlocutrice par l'équivalent de la formule récurrente de certains hispanisants, formule tantôt inquiète, tantôt inquiétante car elle peut presser à répondre même quand il n'y a pas lieu :

…, no ?

En langue tchèque, plutôt :

…, ne ?

Or, que souhaite-t-on vraiment dans les formules convenues du « bonne nuit » ?

Une attention aux jeux d'homophonie révèle une grande richesse de sens obscurs (normal si c'est la nuit?) possibles…

Homophonie (et même homographie) interne au français et particulière opérante en milieu bourgeois : souhaite-t-on qu'une servante puisse être agente (à gente?) de nuisance ?

Homophonie interne à la langue italienne qui souhaite buona notte

No te ? Souhaite-t-on une bonne période d'exclusion du soi ?… Correspondrait bien, dans le fond, à certains bienfaits du sommeil…

Homophonie interne à la langue espagnole qui souhaite buena noche

No Che ? S'agirait-il donc d'une prescription politique ?… L'expression serait-il alors immédiatement suscitée par l'espoir possible du Grand soir ?

Homophonie entre langue anglaise et langue mandinkan…

Good night

Pour le deuxième mot, une fois le premier compris tel quel (mettons donc en Sierra Leone où se parle un créole entre anglais et mandinkan) :

Na, ite… Désigne alors sa mère, lui disant « toi »… Retour passager aux invocations de l'enfance ?

Puisque nous en sommes arrivés à la nuit riche de l'Afrique, riche de sens et d'émotions, écoutons :

https://youtu.be/1xuOxPidKRo

et… bon n'ouï sans le grattement d'oreille de l'une ou l'autre des langues du Tout-monde !

Philippe Sahuc Saüc

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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 17:09

Could it be heard in a wonderful world :

https://youtu.be/rV9xwFauYco ?

Autant de façons de dire « c'est bon » en différentes langues ! Il s'agit donc d'une tresse de « jugements perceptifs » selon la terminologie employée par Umberto Eco dans Kant et l'ornithorynque (1997, traduit en français par Julien Gayrard et publié ainsi chez Grasset en 1999).

« C'est bon » dans toutes ces langues s'expose-t-il au même doute que d'autres formes de jugements perceptifs évoqués par Umberto Eco, tel :

la pierre est dure ?...

… qui a peut-être été en préalable, dans la version italienne :

la pietra è dura.

Traèdura… traduire aussi est dur, bien sûr !

Mais, sans parler de cela, il convient de remarquer que l'affirmation « la pierre est dure » s'expose à un déni de jugement, au contre-jugement selon lequel la pierre ne serait pas si dure que ça (elle ne se laisse pas rayer par le métal mais elle ne parvient pas à rayer le verre, par exemple).

A y regarder de près, « c'est bon » existe en français de deux façons, les deux semblant être des formes de jugement perceptif…

un premier « c'est bon » correspondrait au russe « вкусно ! », un « c'est bon ! » qui ne prendrait que le sens de « c'est savoureux ! ».

Il est bien connu que les goûts et les couleurs, cela ne se conteste pas...

Or, le français « c'est bon » peut aussi avoir le sens de « ça marche » et là…

D'où l'intérêt parfois de préciser « c'est bon comment... »

Le catalan dit donc : a llep als dits… à s'en lécher les doigts !

Et dans d'autres langues, comment se mesure le bon/savoureux ? et, selon une perfidie toute carambolingienne, peut-on débusquer des possibles glissements de sens de langue à langue… Pour que la langue continue de servir bien sûr à se lécher les doigts !

Or, il y a bel et bien de l'embrouille car beaucoup de langues ont tendance à utiliser le pain en comparaison…

Buono come il pane… Bun ca pâinea caldă… (comme le pain chaud, pour la langue roumaine)

… mais ce n'est pas tant en comparaison de saveur qu'en comparaison de… bonté !

Et alors, quand on souhaite un bon jour, un bon été, une bonne année, à quoi pense-t-on ?

Tiens, à la page 129 de son livre Kant et l'ornithorynque, Umberto Eco imagine un fax (nous sommes dans les années 90) défectueux où des X viennent en surimpression et qui écrit donc un :

Xappy neX Xear... que tout le monde comprendrait quand même, dit-il…

Remarquant que neX serait là pour suggérer aussi bien next que new, Carambolingue pourrait souhaiter : Xappy next XL… XL… L for langage, of course !

Philippe Sahuc Saüc

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 19:19

Could one be the only one in the world to be able to pronounce a special sound ?

https://youtu.be/tVVFyQTapRk

On entend là de jeunes vietnamiens vivant à Prague, apprenant le tchèque, et un visiteur français. La professeure essaie comme elle le peut d'aider à prononcer ce son, qu'elle-même n'appellerait pas Rotacismus Bohemicus, laissant cela aux linguistes, mais tout simplement : ř.

La vidéo montre l'alternance entre une bouche française, masculine, broussailleuse et bredouillante, et une bouche tchèque, féminine, entraînée à cette jolie courbe qui surmonte le r ?…

Des manuels d'apprentissage de la langue tchèque invitent à mélanger un r roulé et le son que le lettre j produit en langue française…

… et pas en tchèque, où c'est le : ž.

Mais à l'usage, le r roulé est difficilement perceptible, malgré la graphie du son qui part de la lettre r… avec une écuelle ?

On pourrait plutôt penser au son du j français mais articulé avec des lèvres particulièrement serrées, voire un mouvement de frottement des lèvres…

Frottement de lèvres ? Bon, l'amour est enfant de Bohême, on le sait bien…

Est-ce pour cela, parce que la petite écuelle pourrait figurer l'amorce d'un baiser, qu'on la retrouve en tchèque sur toutes les lettres suivantes :

č, ě, ř, š, ž,

Tiens, dans cet ordre, l'alignement aurait quelque chose de tchèque en tchèque…

Ou alors une indication de vent en occitan… mès lo Cers venç pas de l'est !

Alors, d'où pourrait venir ce Rotacismus Bohemicus et d'abord d'où vient son nom, qu'on dirait tout droit sorti d'un tractacus linguarum ?…

As difficult to pronounce for every language native ?

Intéressant de débusquer sur internet le doute qu'ont certains anglophones : le son serait plus facilement accessible aux francophones…

Si l'on en croit les descriptions phonologiques actuelles, il s'agirait d'une consonne dorsoalvéolaire roulée dont la variante principale est voisée…

Est-ce encore dû à l'influence de l'enfant le plus connu de la Bohême, mais imaginer quelqu'un de roulé-e sur le dos en ambiance voisée me fait penser à… řaneton… et sa non pas cédille mais faucille ?

Rotacismus aurait pourtant quelque chose de sévère, oh mais comme tous les termes latins de plus de trois syllabes…

Allons voir chez les Grecs, où le rhotacisme serait finalement juste : prendre l'r…

Donc, un bon conseil si la morosité (et justement pas la moravité) vous guette :

si vous vous sentez en e-tchèque, prenez l'r de Bohême !

Philippe Sahuc Saüc

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